LET’S TO CELEBRATE !

Cette semaine était placée sous le signe de la gratitude. C’était Thanksgiving aux Etats-Unis et ici c’est une véritable institution. En résumé cette tradition remonte au 17esiècle. Elle témoigne de la solidarité et du partage des indiens d’Amérique qui accueillirent des pèlerins fuyants l’oppression religieuse anglaise.  Ils les aidèrent à produire et cultiver leur nourriture. A la fin des récoltes, les pèlerins organisèrent un très grand dîner pour témoigner leur gratitude aux indiens. Thanksgiving était né. (J’en ai fini avec le petit point histoire j’espère que ça t’a plu.)

Aujourd’hui encore cet événement  représente l’une des traditions les plus importantes en Amérique du Nord, si ce n’est LA plus importante d’ailleurs. J’étais totalement enthousiaste à l’idée de pouvoir expérimenter cette coutume et ma joie n’en a été que décuplée quand j’ai appris que cela consistait simplement à partager un énorme repas. LET’S TO CELEBRATE !!! 

La famille dans laquelle j’ai atterri et moi-même avons été invités chez leurs amis de longue date. En réalité j’ai sincèrement été touchée par cette invitation. J’expérimentais l’esprit de Thanksgiving, celui du partage, de l’amitié et de la générosité (avec un verre de champ à la main le tout dans un super appart avec vue sur la Statue de la Liberté s’il vous plaît). 

La tradition veut qu’avant de commencer à s’exploser le bide déguster le festin, chacun exprime ce pourquoi il est reconnaissant ou « thankful ». J’ai trouvé ça génial ! C’était un moment tellement authentique. On devrait clairement faire ça plus souvent. Tous les jours en fait ! 

Le lendemain c’était le black Friday. Deux salles, deux ambiances. La veille se tenir par la main autour d’une dinde pour partager tout son amour, vivre le moment présent et être juste reconnaissant de ce que l’on a. Le lendemain s’arracher les yeux dans les centres commerciaux en piétinant, outre sa dignité, toute forme de vie humaine sur son passage pour obtenir le dernier gadget « indispensable ». Effectivement un vendredi bien sombre… pour l’humanité (oui parce qu’il y a quand même des morts chaque année). Du coup personnellement j’ai essayé de fuir toute forme de civilisation et j’ai été voir du côté des décos de Noël parce que des guirlandes en forme d’animaux c’est quand même bien plus safe. New York commence à s’habiller aux couleurs des fêtes de fin d’année et je tombe chaque jour un peu plus amoureuse de cette ville. 

Une fois la frénésie du black Friday passée et pendant que la moitié des new yorkais pansaient blessures et comptes en banque, je suis repartie arpenter Manhattan. Mais est-ce qu’on peut réellement être rassasié de cet endroit ? L’atmosphère y est tellement entrainante que je ne pense pas. Même si mes pieds après 20 km de marche samedi vous diraient clairement le contraire. 

Je m’envole
Il s’envole

Le weekend de Thanksgiving touchait à sa fin en ce dimanche 1er décembre et je pense que je n’aurais pas pu le finir plus en beauté. Le hasard a fait que je suis tombée sur une annonce qui proposait de venir distribuer des repas aux sans abris dimanche midi dans une église entre la 15erue et la 6eavenue. 

En réalité comme la grande majorité des gens lorsque je croise une personne sans domicile dans la rue, je n’ose pas la regarder, j’aimerais l’aider mais en même temps je ne prends jamais la peine de m’arrêter, de lui parler, de la considérer. Ca ne part évidemment pas d’un mauvais sentiment mais plus d’une sensation de culpabilité, d’impuissance. Ce dimanche donc j’avais décidé de donner bien plus que quelques dollars ramassés au fond de mon porte-monnaie. Ce dimanche je donnerai de mon temps pour eux. 

Je me suis rendue à l’adresse indiquée sans vraiment savoir ce qui m’attendait, s’il fallait s’inscrire quelque part ou apporter quelque chose.  

Lauren, la responsable des bénévoles, m’a accueillie avec un large sourire et ses premiers mots ont été des remerciements. Elle a pris le temps de m’expliquer tout le déroulement de la journée avant de me diriger vers ma première mission : la préparation des fruits. Nous étions plusieurs à le faire et sans grande surprise j’étais la seule française. J’ai donc pu éblouir tout le monde  avec mon anglais impeccable. Non je déconne, les premiers échanges sont tellement laborieux pour moi. Ce qui est cool quand tu n’as pas le choix c’est que tu te trompes, tu es sûrement ridicule pleins de fois mais au final tu apprends. Ils étaient tous si bienveillants avec moi !

Ensuite Lauren est venue me chercher pour me conduire au stand du café en m’expliquant que le service allait commencer et que des centaines de sans abris étaient attendus. C’est à ce moment qu’elle m’a présenté mon « bodyguard », Dimitri une montagne de 12 mètres de haut pour 6 de large. Oui vous avez bien lu, au stand du café les 3 autres bénévoles et moi-même avions un garde du corps. Dans un premier temps je me demandais bien à quoi ça rimait tout ça. Ces gens avaient faim et nous étions là pour les aider, pourquoi auraient-ils voulu nous faire du mal ? Et puis tu comprends rapidement que quand il fait 4° degrés dehors, qu’il pleut, que toutes tes affaires sont trempées, que le froid te transperce tu as effectivement toutes les raison de vouloir te battre pour un café bien chaud… Au final c’était vraiment plus de la prévention qu’autre chose parce qu’il n’y a eu aucun problème. 

La plus heureuse avec ce look !

A la fin je suis passée dans les rangées de tables pour proposer du rabe de pain et de fruits. J’ai pu parler avec chacun d’eux, ils étaient interpellés par mon accent (tu m’étonnes). Ils étaient tellement reconnaissants que j’avais un immense sourire collé sur mon visage tout du long. En réalité c’est moi qui avais envie de les remercier de partager, malgré eux, ce moment avec moi.

Il y avait quelques femmes, une d’elle m’a pris les mains et m’a remerciée en me regardant droit dans les yeux. Elle m’a dit qu’elle était seule et qu’elle n’avait pas l’habitude qu’on prenne soin d’elle comme ça. Elle a ponctué sa phrase par un « God bless you » et je dois avouer que j’ai du contenir mes larmes face à la sincérité de cet échange. 

A la fin du service j’ai sympathisé avec Basil, il m’a dit qu’avant de se retrouver dans la rue il avait été dans l’armée que ça lui était bien utile pour survivre dans cette jungle urbaine. Il m’a parlé des ravages de la drogue qu’il constate tout autour de lui et des problèmes psychiatriques de certains sans domicile qui rendent ses nuits dans la rue plus dangereuses. Nous avons parlé comme ça pendant 20 minutes et avec lui ça semblait si simple de dialoguer en anglais. J’ai promis que la prochaine fois je lui apprendrai le français ! 

Pour conclure j’ai du mal à trouver les mots pour te communiquer à quel point c’était un moment génial. En vrai je suis remplie d’amour pour les dix prochaines années je pense. Et maintenant je saurai qu’il suffit de prendre 5 minutes pour leur apporter un café dans la rue, juste discuter et redonner une once d’humanité à leur quotidien totalement piétiné par l’aléa de la vie… 

Plus haut j’ai dit qu’avant le repas de Thanksgiving chacun devait exprimer ce pourquoi il est reconnaissant. J’ai envie de le faire ici parce qu’au final si tu suis ce blog, tu fais partie de ma vie et il est évident que j’aurais adoré partagé un repas de Thanksgiving avec toi ! Je suis reconnaissante pour tellement de choses et tout particulièrement d’être entourée par de si belles personnes dans mon quotidien. Chacune d’elle à sa manière met de la poésie dans ma vie (ok maybe des paillettes aussi) ; alors à toi qui aura pris le temps de lire ces quelques lignes: merci d’exister et « God bless you !! »

Alizée 

4 commentaires sur « LET’S TO CELEBRATE ! »

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