« Si tu veux aller loin, n’oublie jamais d’où tu viens. »

J’ai rencontré Bastien au catéchisme lorsque nous avions une dizaine d’années. Plutôt que de poursuivre les voix impénétrables du seigneur, Bastien a préféré s’adonner à sa passion pour le rugby en caressant l’espoir d’en faire un jour sa profession. Force est de constater qu’il a eu raison d’y croire. C’est avec l’humilité qui le caractérise que Bastien m’a parlé du parcours qui l’a mené jusqu’au rugby professionnel et notamment jusqu’à sa meilleure expérience rugbystique à date : Le capitanat d’une équipe au Supersevens. Pour les novices en la matière, le Supersevens est la première compétition professionnelle de rugby à sept en France organisée par la ligue nationale de rugby et fait s’affronter toutes les équipes de TOP 14 outre une équipe de Monaco et des Barbarians. D’aucun pourrait penser que cette compétition est dérisoire en comparaison aux autres. La réalité c’est qu’on ne fait pas partie d’une telle équipe et encore moins en tant que capitaine en claquant des doigts.  J’ai voulu en faire un article parce que c’est une histoire qui fait du bien, qui véhicule de belles valeurs et qui donne envie de se battre pour ses rêves :

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné de rugby. J’ai commencé à y jouer vers l’âge de 7 ou 8 ans dans mon club de cœur à Aramits.

Au-delà des règles du jeu, j’y ai appris les valeurs qui me sont aujourd’hui si chères et qui dépassent les limites du terrain. Le courage, le dépassement de soi, la fraternité, l’entraide, l’amour du maillot. A l’époque déjà, je ne ratais aucun match à la télé et dans ma chambre étaient placardés des posters de grands noms du rugby. Comme beaucoup de mes amis, je rêvais de me retrouver un jour à leur place, de faire de ma passion mon quotidien et de porter haut les couleurs d’une équipe aux côtés de mes coéquipiers. Je savais déjà à l’époque que le chemin serait long et qu’il fallait que j’y croie deux fois plus fort que les autres parce que personne ne le ferait pour moi. C’est quelque chose que j’ai appris à mes dépens. Lorsque ton projet sort un peu des sentiers battus, peu de gens croiront en toi au début. Parce qu’on a même essayé de me convaincre que je n’y arriverais jamais et qu’il valait mieux que je trouve un « vrai » métier après avoir fini mes études. En réalité je ne préférais même pas répondre à ces tentatives de découragement qui ne faisaient que décupler ma rage de réussir.

A la fin du collège je suis partie au lycée St John Perse à Pau faisant au même moment mon entrée en cadet à la Section paloise. Après la seconde, je suis parti étudier au pôle espoir à Bayonne tout en continuant de jouer avec la Section les week-ends. Cette expérience m’aura avant tout enseigné la discipline. Je vivais tous les jours pour le rugby et cela a impliqué beaucoup de sacrifices. Parce que choisir sa passion c’est renoncer à de nombreux moments privilégiés en famille ou avec ses amis. Mais pour rien au monde je ne changerais quelque chose.

A 18 ans, je rentre au centre de formation de la Section paloise et l’année de mes 20 ans j’intègre finalement le groupe de l’équipe première. Cette année-là nous tendons vers un seul et même objectif : la montée en TOP 14. J’ai tout donné pendant la prépa, je savais que c’était ma chance. Coûte que coûte je devais la saisir. La saison débute, je suis avec les espoirs. Mais rapidement le destin me sourit. Alors que nous préparions la 2nd rencontre, un ailier se blesse à la mise en place. Simon Mannix, le manager de l’équipe, vient alors me trouver et me demande si je suis prêt pour jouer le lendemain. Je lui réponds bien évidemment que oui mais dans ma tête c’est l’ascenseur émotionnel. Je suis gagné par un tumulte de sentiments ambivalents allant de la joie à l’appréhension. Mon excitation est à son paroxysme ; le lendemain je jouerai mon premier match parmi les professionnels. Cette année-là mes planètes devaient être alignées puisqu’à l’occasion de ce fameux match je marque un premier essai ce qui me vaut l’opportunité d’être nommé titulaire pour la prochaine rencontre. Ce match, certainement insignifiant pour beaucoup, restera à jamais gravé dans ma mémoire. Alors que nous perdions contre Agen, je parviens à marquer un essai dans les dernières minutes de jeu. Il offre la victoire et le bonus offensif à mon équipe qui ne manquera pas de me remercier lors d’une troisième mi-temps qui se révèlera être plus éprouvante que le match. Je suis alors si fier d’avoir pu montrer de quoi j’étais capable tout en légitimant ma place au sein du groupe dans ce milieu où, pour exister, il faut en permanence être au maximum de ses capacités. Et, comme un retour du karma pour me rappeler de ne pas m’enflammer, je me blesse au début de mon troisième match en tant que titulaire. Après plusieurs semaines de convalescence, je reviens sur le terrain pour achever la saison tandis que nous accédons enfin au graal.  Du haut de mes 20 ans j’aurais eu l’honneur de connaître une montée en TOP 14 et de participer au titre. A ce moment-là, je ne peux pas être plus heureux. Dans l’euphorie collective nous soulevons le bouclier de la victoire devant nos supporters qui ont toujours répondu présent et à qui nous devons beaucoup !

En 2018, c’est avec fierté que je suis sélectionné avec les Barbarians (sorte d’équipe réserve de l’équipe de France sous l’égide de la Fédération Française de Rugby). Une des plus belles expériences de ma vie. Humainement tout d’abord car l’équipe est composée de mecs incroyables menée par le grand Aurélien Rougerie.  Nous retenons l’attention parce que notre équipe est très jeune avec une moyenne d’âge de 23 ans. Un groupe de gamins aux portes de l’équipe de France, nos rêves sont immenses et notre détermination inébranlable.

La magie de cette aventure tient également du fait que nous venons tous des quatre coins de la France mais en quelques jours seulement et sous l’impulsion d’un même maillot nous devenons une équipe portant les valeurs du rugby français à l’international. Notre tenue de match est remplie de symboles pour moi car bien qu’unis sous un même maillot nous portons chacun les chaussettes de nos clubs respectifs. Je repense avec émotion à mon voisin parti trop tôt qui me disait toujours « Bastien, si tu veux aller loin, souviens-toi d’où tu viens ! ».  Et puis, quel honneur de pouvoir entonner la Marseillaise. L’un des souvenirs les plus marquants de cette épopée restera notre victoire contre la seconde équipe des All Blacks. Tout rugbyman a un jour rêvé de pouvoir soutenir le regard de ses guerriers des terrains tandis qu’ils mugissent leur traditionnel Haka. Ce jour-là c’était le Haka Timatanga qui retentissait à Chaban Delmas:

« Jeunes nobles guerriers,

continuez à grimper par le chemin de la sagesse.

Atteignez l’excellence,

spirituellement,

mentalement,

physiquement. »

La vie a poursuivi son cours à la Section et les années suivant notre montée seront personnellement marquées par des temps de jeu réduits et de nombreuses blessures. J’ai appris à surmonter la déception et la pression qui repose sur tous les joueurs mis « au placard », celle d’être remplacé, oublié. Je me suis efforcé de garder le moral et de tout faire pour revenir au plus vite.

Cette année, j’ai été informé que ma saison à la Section serait la dernière.

Pendant dix ans j’ai évolué dans ce club, j’y ai appris à perdre avec panache et gagner avec respect. J’ai appris à me battre pour ma place tout en me réjouissant pour la réussite des autres. J’ai aussi rencontré des gens incroyables dont le soutien était sans faille. C’est ce qui rendait cette nouvelle d’autant plus difficile à encaisser. Elle signifiait que je devais quitter l’environnement que je connais depuis longtemps et avec lequel j’ai grandi. J’ai tout donné pour ce club qui, sans le vouloir, m’a offert pour mon départ, la plus belle expérience rugbystique de ma jeune carrière : Le capitanat de mon équipe au tournoi du Supersevens.

Sur le papier cette opportunité ne nous était pourtant pas donnée pour nous permettre de briller. Bien au contraire.  Alors que quasiment tous les clubs de la compétition ont joué le jeu d’envoyer leurs « meilleurs » joueurs, il a bien été précisé à Geoffrey Lanne-Petit, l’entraineur adjoint des arrières, désigné pour suivre l’équipe au tournoi, qu’aucun joueur habituellement titulaire ne serait envoyé pour disputer la compétition.  C’est à ce moment-là que j’ai fait mon entrée dans l’équation.

Geoffrey m’a convoqué pour m’informer qu’il souhaitait me nommer capitaine du groupe. J’ai d’abord hésité, ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt de nature réservée et que les discours à grandes envolées lyriques pour motiver les troupes ce n’est pas ma spécialité. Geoffrey m’a alors précisé qu’il voulait monter une équipe de copains, des mecs talentueux pourtant sans temps de jeu, a qui on ne laissait pas trop leur chance. Il n ‘en fallait pas plus pour me convaincre, sans problème je serai le capitaine de ces gars-là. Et sans le savoir nous nous préparions à vivre une aventure inoubliable !

La prépa a commencé en janvier et le fait que chaque membre de notre équipe à sept n’ait aucun temps de jeu avec la Section s’est avéré être un atout. Ainsi, nous pouvions nous retrouver tous les vendredis pour préparer ce tournoi ensemble. Le Supersevens avait lieu début février et ceux qui connaissent le rugby à sept savent que l’approche du jeu est totalement différente. Nous n’avions donc qu’une poignée de jours pour adopter ce nouveau format.

Sincèrement, nos entrainements ont été catastrophiques. Les trois-quarts n’avaient jamais joué à sept. Et si nous n’avions aucun repère, nous avions au moins la certitude que ce tournoi serait une boucherie et qu’on se ferait pulvériser par les grands noms du rugby français. Heureusement, nous avions avec nous un entraineur aussi dévoué que talentueux. Geoffrey a été incroyable et nous lui devons beaucoup. Quoi qu’il en soit, personne ne croyait en nous et, en voyant les cotes de pari à notre sujet, je dois avouer que je n’aurais pas misé grand chose non plus sur notre réussite.

C’est dans cet état d’esprit que nous nous sommes retrouvés, début février, au Supersevens ; une équipe de jeunes que seules nos mères connaissaient face à des stars du rugby de tous les clubs de TOP 14. Mais on avait une force, on était une équipe de copains, des mecs oubliés des terrains avec l’envie démesurée de montrer ce qu’on savait faire. On s’est dit qu’il fallait qu’on essaye de sauver l’honneur en gagnant au moins un match. Et puisque dans la conscience générale nous avions déjà perdu, autant profiter de chaque instant sans la moindre pression.

La veille du premier match, le 31 janvier, nous sommes arrivés à Paris et avons fait une simple mise en place. La soirée s’est terminée autour d’une bière pour marquer mon anniversaire et le début de cette aventure surréaliste dans laquelle nous nous apprêtions à plonger.

Notre premier match était face à l’équipe de Bordeaux Begles. Outre avoir un entraineur spécialiste du rugby à sept, le club avait recruté pour l’occasion trois joueurs. Ils avaient monté une équipe incroyable dont le seul objectif était de gagner.  En somme, tous les éléments étaient réunis pour nous écraser et notre sort semblait scellé d’avance. 

Pour la petite anecdote, nous avons du choisir une chanson pour accompagner notre entrée sur terrain. La Section voulait nous imposer l’hymne du club. Ce même club qui nous envoyait au charbon dans la plus grande indifférence. C’est pourquoi nous avons refusé de marcher au rythme de la « Honhada ». Malgré tout, nous voulions porter haut et fort nos couleurs béarnaises, celles dont nous sommes si fiers. Nous avons choisi pour ce faire l’ « Encantada » de Nadau. On voulait se démarquer, on voulait que notre image soit représentative de l’harmonie qui régnait dans le groupe, de notre fraternité. Clovis a alors proposé que l’on porte des bérets. Tu sentais qu’on était la petite équipe insignifiante que personne ne regardait et ça nous allait très bien. Et puis notre entrée décalée a été appréciée du public et nous avons doucement commencé à faire le buzz.

Dans le couloir qui allait nous mener au coup d’envoi, coude à coude avec nos adversaires, j’ai regardé mes coéquipiers et je leur ai dit qu’avec nos bérets vissés sur la tête on ne pouvait pas perdre. Il était hors de question qu’on passe pour des cons. Pourtant, et alors que le coup de sifflet venait à peine de marquer l’entame du match, nous commettions d’emblée trois erreurs successives permettant aux joueurs de l’UBB de nous planter un essai.  L’affaire semblait mal embarquée… Et puis, sans pouvoir expliquer comment, nous avons petit à petit réussi à organiser notre jeu. A mesure que les minutes s’égrainaient notre confiance grandissait. Et alors que nous venions de marquer trois essais, la mi-temps sonnait la fin de la première période. Nous menons 21-7. Incrédules, nous comprenons alors que c’est possible. Après un discours déchaîné de notre entraineur, nous revenons sur le terrain plus déterminés que jamais ; ce match est pour nous !  Durant la seconde phase, alors que nous menons 40 à 7, le coup de sifflet final retentit dans le stade. Je n’oublierai jamais cette vague d’euphorie qui nous a emporté. C’est simple, on avait l’impression d’être champions du monde !

En refaisant le match encore et encore, on était habités par un sentiment étrange. On n’arrivait pas à se dire qu’on avait été bons. On était persuadés que l’autre équipe s’était forcément fourvoyée. Un vrai syndrome de l’imposteur ! Quoi qu’il en soit nous avions rempli notre modeste objectif, nous avions remporté un match. On s’est alors promis qu’à partir de ce moment on savourerait chaque moment du tournoi, qu’importe l’issue. Et sans le savoir cette attitude décomplexée assortie de notre amitié sincère allait décupler nos forces et la qualité de notre jeu.

Sur le terrain, on se connaissait par cœur, on pouvait presque anticiper les faits et gestes de chacun et lorsqu’un défaillait, le reste de l’équipe répondait inlassablement présent. Je n’avais jamais connu une telle osmose sur un terrain, c’était incroyable ! Chacun avait à cœur de prouver de quoi il était capable ; comme pour montrer que la décision de notre club de nous maintenir hors des rencontres de TOP 14 était une erreur. On était conscients que ce tournoi était notre dernière opportunité de jouer tous ensemble avant que chacun ne soit dispersé la saison prochaine.

Alors que toutes les équipes faisaient les traditionnelles réunions d’après match pour visionner les vidéos, nous faisions simplement un point de 5 minutes durant l’échauffement sur les forces et faiblesses de notre futur adversaire. Et lorsque nous n’étions pas en train de disputer des matchs sur le terrain, nous profitions de nos copains et proches venus nous soutenir en tribune. Nos avants-matchs dans les vestiaires étaient de véritables fêtes et la musique retentissait à tout rompre. Les matchs ont continué de se dérouler et sans réellement comprendre ce qui nous arrivait nous sommes parvenus jusqu’au top 4. On avait l’impression d’être des imposteurs, on faisait n’importe quoi, on était détendus comme jamais et ça passait.

Au fur et à mesure de notre évolution, le comportement des autres équipes et supporters a commencé à changer. Certains sont même venus nous féliciter, nous dire qu’ils étaient admiratifs de notre parcours, de l’ambiance de notre groupe et de la manière dont on avait décidé d’aborder ce tournoi.

Arrive la demi finale contre Toulon. Personnellement le plus beau souvenir que je garderai de cette aventure. Le stade était blindé, des jeux de lumières incroyables annonçaient notre entrée. Durant le match aucune équipe ne prend clairement l’avantage et la rencontre se déroule sous un chassé croisé insoutenable. Heureusement, à quelques minutes de la fin, mes coéquipiers me permettent de marquer l’essai de la victoire. Incroyable mais vrai, la finale nous ouvre ses portes !

A la finale contre le Racing, bien que notre détermination était plus affirmée que jamais, nous sommes arrivés fracassés physiquement. Beaucoup d’entre nous s’étaient blessés et nous étions épuisés. Malgré tout, l’ambiance bonne enfant qui nous avait accompagnée tout au long de cette croisade était encore présente. A la fin de l’échauffement, Clovis me ramène le drapeau béarnais en me demandant de le porter. Comme un clin d’œil à mes racines, c’était une bande de jeunes d’Aramits et ses environs venus nous supporter qui nous l’ont offert. 

Alors que nous étions dans ce perpétuel couloir en attendant de pouvoir dévaler sur le terrain, nous étions morts de rire en pensant que nous, les oubliés de la Section paloise, on allait affronter les internationaux et autre joueurs renommés du Racing. C’était improbable !

Le coup d’envoi a été donné et dès le début du match nous avons  failli marquer mais, perdant le ballon lors d’une touche, c’est finalement le Racing qui nous a infligé un premier essai. Je pense que c’est à ce moment que nous avons flanché mentalement et, très vite, nous avons été menés 28 – 0. On ne s’est pas laissés abattre pour autant, on voulait s’arracher les uns pour les autres, en l’honneur de tout ce qu’on venait de traverser ensemble. Nous nous sommes finalement inclinés à 28-14 plus fiers et soudés que jamais.

Le dernier souvenir improbable restera notre rencontre avec Vincent Desegnat, le compère  de Michaël Youn qui, après avoir assisté à la finale et nous avoir vu faire « La bicyclette » sur le terrain (tirée du film « Fatal ») est venu nous féliciter en nous précisant qu’il avait envoyé la vidéo à Mickaël Youn.

A la fin du tournoi, on a appris qu’une prime de 25 000 euros serait versée au club participant à la finale et une autre de 75 000 euros à son gagnant. Nous étions fiers de savoir que notre parcours profiterait à la Section. J’ai pris la parole en disant à notre entraîneur qu’on ne demandait rien, seulement de pouvoir célébrer la fin de cette aventure sans avoir à sortir notre porte-monnaie. Et c’est dans une générosité à peine contenue que le club nous offrira ce soir-là une tournée, sans qu’aucun dirigeant ou autre entraineur ne prenne la peine de nous contacter pour nous féliciter. Qu’importe, rien n’aurait pu entamer notre bonheur.

Après une ultime soirée tous ensemble à célébrer l’aventure incroyable qui venait de se jouer, nous sommes rentrés chez nous dans le béarn. On était un peu sonnés de se dire que la vie normale reprenait son cours, que cette équipe de copains ne serait plus jamais réunie sur un terrain et que le Supersevens était déjà derrière nous…

Je décide de conclure ce billet en retranscrivant fidèlement les mots de Bastien envers ses coéquipiers, son entraineur et le staff accompagnant. Ils témoignent du lien indéfectible de confiance et de respect qu’ils ont su créer. En leur souhaitant à tous, le meilleur pour la suite !

« Là directement me vient à l’esprit, un petit noyau de 4 joueurs, dont je fais partie. Il y a donc Mathias Colombet, Clovis Lebail et Pierre Nueno. Nous sommes tous des amis proches dans la vie, et ce tournoi n’a fait que renforcer nos liens. Geoffrey, s’est appuyé aussi sur nous, car nous étions les joueurs avec le plus d’expérience de ce groupe.

Je pense à Clovis LEBAIL, qui est une personne atypique et tellement attachante. C’est le précurseur du retour de la coupe Mulet, pas le roi de l’orthographe mais un mec tellement drôle. Et rugbybisquement c’est, je pense, le plus gros bosseur que je connaisse. Il n’a jamais eu de cadeau, et s’il est là aujourd’hui c’est grâce à son travail. Pour exemple, avant qu’il ne rentre au centre de formation il venait s’entraîner butter à 7 h du matin pour laisser le terrain aux pros après…


Mathias COLOMBET est certainement la personne la plus loyale que je connaisse. Un mec vrai et entier. Je suis tellement fier d’être son pote, parce que je sais que quoi qu’il arrive, dans la vie ou sur un terrain, il sera prêt à se sacrifier pour ses potes, sans même réfléchir ! Sur un terrain, c’est un super joueur, avec un brin (voire un peu plus) de folie comme dans la vie.. Je suis content qu’il ait signé avec France à 7, c’est un rugby qui lui correspond.


Pierre NUENO inséparable de Mathias, aussi fou l’un que l’autre, mais aussi tellement attachant… Quand on ne le connaît pas, il peut paraître un peu fou, mais c’est un mec avec un grand cœur, et toujours là, prêt à aider si on a besoin de quoi que ce soit. Et sur le terrain il est partout il se dépense sans compter, c’est pas le plus costaud ni le plus rapide… Mais c’est un vrai joueur de rugby, qui joue juste… !


En plus de ce petit noyau il y avait Giovanni HABEL KUFFNER, qui est le plus français des étrangers. Un mec super drôle, super bien intégré au groupe… L’une des plus belles rencontres que le rugby m’ait apporté ! Sur un terrain, c’est le joueur qui a peut être la plus grosse marge de progression que je connaisse. J’espère qu’on lui donnera la confiance qu’il mérite, car ça peut devenir un grand joueur.


William PEES, la petite surprise du chef. On avait le droit de recruter des joueurs provenant d’autres clubs afin de se renforcer pour ce tournoi. Beaucoup de club on été chercher des spécialistes de la discipline. Nous, on voulait un mec qui allait se fondre dans le groupe, qui partageait nos valeurs… Notre choix s’est directement porté vers William qui a fait ses classes à la section et qui est à Tarbes. C’était peut être l’unique joueur évoluant en fédérale 1 du tournoi, il a montré qu’il avait plus que le niveau d’être là. Dommage qu’une blessure à l’épaule l’ait contraint d’arrêter le tournoi, mais je suis content pour lui car il a vécu une belle expérience et il a montré à tout le monde son super niveau de jeu.

 
La seconde surprise était Nicolas CORATTO, il s’est retrouvé là un peu par hasard, après le forfait d’un joueur. Le staff ne voulant pas lâcher d’autre joueur. Après réflexion, je ne l’aurais pas échangé, même contre le meilleur joueur du monde à 7. Il n’a pas joué une minute, mais il avait toujours un mot à dire pour nous encourager. Dans le groupe il était hyper important, toujours là pour assurer la bonne ambiance !

Ensuite il y avait tous les jeunes, comme Rayne BARKA, qui a le style d’un rappeur américain, et qui pour le coup fait un tournoi d’américain (phénoménal)! Les jeunes et talentueux Bastien TUGAYE, Thibault DEBAES, Gabriel SOUVERBIE, Clément FOURNIER, Clément VERCRUYSSE, Eoghan BARRETT, et enfin Quentin BOURDIEU (avec une petite mention spéciale pour la soirée après). Ils ont tous joué le jeu a fond, même si certains ont eu très peu de temps de jeu. Ils ont eu un état d’esprit irréprochable, et c’est aussi ça qui a fait la différence et qui nous a permis d’aller aussi loin. 

On a eu la chance d’être encadré par des personnes passionnées dans leurs domaines respectifs … Je pense donc naturellement à Geoffrey LANNE-PETIT. A mes yeux, l’entraîneur le plus compétent pour mener ce groupe à un tournoi de 7. Geoffrey est un jeune entraîneur, un petit peu dans l’ombre des coachs actuels, mais c’est déjà l’un des meilleurs tacticiens que j’ai pu rencontrer au cours de ma (jeune) carrière. Un passionné de rugby, qui ne cesse de vouloir apprendre et transmettre ses connaissances. Je pense que s’il continue avec cette détermination et motivation il ira loin.

Ensuite, je pense à notre préparateur physique Roxan BERNARD, une personne hyper compétente là aussi et qui a soif d’apprendre. Toujours dans le recherche de nouveaux exercices, sans cesse en remise en question, et qui ne compte pas le temps qu’il passe à travailler.. Si j’ai progressé physiquement à Pau, je lui dois beaucoup.

Il y avait Mathieu BELMONTE, (un retraité de l’armée qui travaille comme intendant au club) toujours disponible et arrangeant. Je pense aussi à notre indispensable kiné, Adrian ROUDIERE qui est une personne assez discrète habituellement, mais qui s’est parfaitement intégré dans ce groupe et qui a aussi apprécié cette expérience.

Et enfin notre phénomène Philipe POUGET, docteur du groupe, grand fan de l’OM, mais qui est prêt à se prosterner devant un joueur du PSG quand il le voit… Plus sérieusement, si je devais résumer tout ça, on ne pouvait pas rêver mieux comme staff, des personnes droites, entières et sincères. Ces valeurs, qui ont été en grande partie les clefs de notre réussite … »

Bon vent dans ton aventure clermontoise mon ami,

Alizée

Un commentaire sur « « Si tu veux aller loin, n’oublie jamais d’où tu viens. » »

  1. ce texte est tout simplement magnifique tant sur le fond que sur la forme! et il permet aussi a tt 1 chacun de mediter sur la condition humaine avec tout ce qu elle peut générer de bassesses de mesquineries mais aussi de fraternité de sincerité bref de ce qui pourrait , osons le dire,participer a la difficile eclosion d 1 monde meilleur ou l etre supplanterait l avoir!! merci encore!

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