Mes aventures

Tel le phoenix qui renaît de ses cendres !

J’ai rencontré Roxane cette année alors que nous étions toutes les deux fille au pair à New-York. Elle a 25 ans et sillonne le globe depuis de nombreuses années. Pétillante, pleine de vie et d’empathie elle m’a raconté son histoire qui n’a pas toujours été rose et j’en ai fait un article parce que ça nous arrive à tous de toucher le fond. Elle nous partage aujourd’hui le déclic qui lui a un jour permis de rebondir et  de s’extirper de ses peurs :

En 2018, ça faisait six années que j’étais en couple. J’ai rencontré mon copain à une période de ma vie où j’étais au plus bas. Je venais d’être déscolarisée du lycée parce que psychologiquement je traversais une période très compliquée, je ne savais pas où était ma place et je n’avais plus la force d’avancer. Je ne supportais plus de souffrir allant même jusqu’à envisager le pire. Traverser une nouvelle journée de brouillard était un supplice. Je ne voyais aucune porte de sortie, je n’avais plus goût à rien. Je me sentais incapable, l’ombre de moi-même. Cette souffrance psychologique était comme un cancer de l’âme, elle volait chaque jour un peu plus ma force et mettait à l’épreuve ma volonté de VIVRE. C’est atroce de se dire qu’à même pas 18 ans tu as perdu espoir au point d’être persuadée que la seule issue c’est d’en finir.

Quand j’ai rencontré mon copain à ce moment-là, il a été pour moi une vague d’oxygène dans ce carcan qui se resserrait sur moi. Je me suis accrochée à lui pour tenir bon, pour m’en sortir. Il avait besoin d’une personne qui dépendait de lui, moi j’avais profondément besoin d’exister à nouveau. Les premiers mois ont passé dans cette illusion qu’avec lui je pourrais m’en sortir mais très vite, et avec son aide, j’ai continué de m’éteindre. Les antidépresseurs et anxiolytiques étaient les ultimes remparts à ma chute. Je ne compte plus le nombre de crises d’angoisses que j’ai du affronter.

La crise d’angoisse est une sensation tellement atroce psychologiquement qu’elle en devient même douloureuse physiquement. Elle frappe sans prévenir, pour aucune raison particulière. Ton cœur s’emballe si fort qu’il pourrait exploser ta poitrine, tu suffoques, tu as la sensation d’étouffer, tu perds la notion des choses, le contrôle de tes émotions et il t’est impossible d’être rationnel. C’est pourquoi, même si cette relation me tirait inévitablement vers le bas, il m’était inenvisageable de le laisser. Je n’en avais pas la force. Avec le recul je comprends que notre couple ne pouvait pas avoir d’avenir. Comment trouver une stabilité amoureuse saine et pérenne quand déjà ta relation avec toi-même est particulièrement nocive et que l’autre te maintient sous son joug ?

Lorsque j’ai formulé l’envie de voyager, il a acquiescé à condition qu’après notre périple de plusieurs mois j’accepte de vivre avec lui. Notre couple était rançonné, conditionné. Finalement, ce premier voyage m’a permis de reprendre espoir et de me relever, il a alors accepté de continuer à voyager avec moi. Nous partions plusieurs mois chaque année. Au fur et à mesure j’ai repris force et confiance si bien qu’il voyait que j’évoluais et que je n’étais plus aussi dépendante de lui qu’avant. Plus j’avais la sensation de vouloir m’en sortir plus je comprenais qu’à ses yeux ce qui lui plaisait c’était que j’étais faible et vulnérable et qu’il fallait que je le reste. La vie a continué comme ça et malgré tout les voyages m’ont changée. Ils m’ont sauvée. Après plusieurs années j’ai même réussi à me libérer en supprimant mon traitement d’antidépresseurs et de xanax.

En 2018 alors que nous devions partir en Amérique du Sud, j’ai finalement trouvé la force de le quitter après six longues années de relation malsaine, de dépendance. Comme tu peux l’imaginer, la période post rupture a été compliquée parce que je doutais en permanence. Parce que mes angoisses étaient toujours présentes et que je n’arrêtais pas de me répéter que j’avais sûrement commis une erreur. Et puis, du jour au lendemain tu te retrouves inévitablement seule avec toi-même, tu n’as pas tellement d’autres choix que de faire un peu d’introspection et c’est particulièrement douloureux de devoir se confronter à tout ce que tu n’as pas voulu voir toutes ces années.

Malgré la difficulté de ma rupture j’ai refusé de me laisser couler une nouvelle fois. J’avais cet amour profond pour le voyage mais l’idée de partir seule restait inenvisageable. Mon quotidien se déroulait au rythme de mes angoisses. Dès qu’une situation m’échappait le stress m’envahissait et semblait prendre possession de mon être tout entier. Je doutais de tout et en particulier de moi. C’est terrible en réalité de s’apercevoir que tu es dépendante affectivement des autres parce que tu ne te fais pas confiance.

Pour combattre ma peine et comme mon road trip en Amérique du sud était annulé, j’ai décidé de partir en voyage au Mexique avec une copine. Deux semaines plus tard, elle m’annonçait finalement qu’elle ne pouvait plus partir. Une seconde fois en l’espace d’un mois, mon projet tombait à l’eau. Je sentais pourtant que j’avais profondément besoin de changer d’air sans toutefois trouver le courage de partir seule. J’ai alors commencé à suivre des groupes de voyage sur les réseaux sociaux dans l’idée de me trouver des compagnons de route. J’ai sympathisé avec Florent, un jeune français qui partait pour se lancer dans un Road Trip en Australie. Il m’a proposé de venir avec lui. J’ai évidemment refusé, par peur, par méfiance. Parce que c’est ce qu’on t’apprend quand tu es jeune, à te méfier de l’autre, l’autre est forcément dangereux…

Une nuit où je n’arrivais pas à dormir, encore une, une de trop, j’ai regardé les billets d’avion pour l’Australie. Je ne sais pas si c’était sous l’impulsion de la fatigue, la rage de ne plus vouloir subir ma peur ou le ras le bol de toujours attendre après les autres mais j’ai pris ces billets. C’était un mercredi, il était 5h du matin et deux jours plus tard je prenais la direction de Melbourne. Dans l’avion, je me suis d’abord demandée ce qui m’avait pris. J’allais me retrouver seule à l’autre bout du monde, moi qui n’étais même pas capable de l’être chez moi.  Et puis, sans vraiment comprendre comment, j’ai lâché prise, ENFIN ! J’ai ressenti un sentiment de soulagement, de liberté et de fierté. J’avais réussi à m’affronter. Malgré mes peurs, malgré mes angoisses, malgré tous mes blocages je suis partie seule. Et je peux te dire que le jour où tu arrives à te combattre toi-même, tu deviens inarrêtable !

J’avais réservé dans une auberge de jeunesse parce que c’est quand même LE lieu de sociabilisation par excellence. Dès le premier jour, un français, Rami, m’a proposé de me joindre à sa bande de potes composée uniquement de garçons. Dans un premier temps j’ai refusé, je n’avais aucune envie de passer mon séjour avec des mecs et qui plus est des français… J’ai finalement décidé d’accepter de les rejoindre pour un apéro et on ne s’est plus quitté, un véritable coup de foudre amical. Le plus fou dans tout ça c’est que Rami venait de Nice, comme moi.

En parallèle, je partageais ma passion pour les photos de voyage sur les réseaux sociaux et j’ai rapidement acquis une communauté. J’en suis même venue à organiser des rencontres avec les personnes qui me suivaient. Moi, Roxane, la personne qui avait peur de tout, j’organisais des rencontres avec des voyageurs du monde. De ces rencontres sont nées quelques amitiés sincères et la plupart font toujours partie de ma vie aujourd’hui.

C’était incroyable de vivre toutes ces expériences avec eux. J’avais l’impression de les connaître depuis toujours. Notre relation était simple, sincère et bienveillante. Cette légèreté m’a tellement fait du bien. Elle m’a permis d’avancer et de laisser le passé derrière moi, une bonne fois pour toutes !

Alors que mon voyage touchait à sa fin, je sentais au fond que ça ne pouvait pas se terminer comme ça. J’avais enfin trouvé la paix, la quiétude. Rami m’a aidé à ouvrir les yeux sur ça. En me posant le bonnes questions il m’a permis de réaliser et surtout d’affirmer que je ne voulais pas partir.  Rien ne m’attendait en France, ni travail, ni relation et même s’il y avait eu une raison de rentrer, elle n’aurait jamais été plus importante que mon bonheur retrouvé. Ce qui est génial quand tu commences à t’écouter c’est que la vie devient plus facile. Alors c’était bien beau d’avoir pris cette décision de rester mais encore fallait-il trouver un plan pour continuer car j’avais un visa touristique et plus un sou en poche. La magie des réseaux sociaux a, une fois de plus, opéré. J’ai trouvé des annonces de familles qui recherchaient une fille au pair. J’ai postulé et je suis partie du principe que si le résultat était concluant c’est que la vie m’envoyait un signe pour rester. Après plusieurs entretiens Skype inopérants avec différentes familles j’allais laisser tomber quand je suis tombée sur une ultime annonce. En postulant j’obtenais un entretien le lendemain, c’était un jeudi à 17h sachant que mon vol retour vers la France était le vendredi à 7h du matin…

Lorsque je me suis rendue à l’entretien je suis arrivée dans une propriété d’une luxure à peine croyable. Au fur et à mesure du rendez-vous je comprends que les parents me proposent de garder leurs enfants et d’être la gouvernante de la maison (du palace). En échange j’aurais un très bon salaire, mon appartement indépendant et une Mercedes de fonction. Et évidemment ma première réflexion a été de me dire que c’était une arnaque, que c’était trop beau pour être vrai. Je réalisais que je prenais un risque énorme en acceptant car si je décidais finalement de ne pas prendre mon vol et que ça se passait mal, je n’avais plus d’argent pour me payer un autre billet retour. Malgré tout j’ai décidé d’écouter mon intuition qui me hurlait de rester et de saisir cette opportunité. Et j’ai bien fait parce que je suis restée six mois de plus en Australie. Six mois de rencontres, de découvertes, de liberté. Six mois durant lesquels j’ai appris à me connaître, à m’aimer, à me faire confiance. La magie dans toute cette histoire c’est que j’ai eu le déclic et depuis je n’ai plus jamais douté, mes angoisses, mes blocages se sont envolés. En réalité ce n’est pas de la magie, j’ai changé d’état d’esprit envers les autres, envers moi-même.

Je vous disais plus haut que l’on nous a appris en général à se méfier de l’autre, de celui qu’on ne connaît pas. La réalité c’est que j’ai parcouru le globe et que pas une seule fois je ne me suis sentie en insécurité. Et plus les kilomètres passaient plus j’avais confiance en moi et de ce fait en l’autre. Parce qu’évidemment il y  a des situations à éviter, le risque zéro n’existe pas mais dans la grande majorité les gens sont bienveillants.

Sur ta route tu rencontreras des personnes dont la personnalité fera particulièrement écho en toi et te permettra de t’élever un peu plus. Tu auras la sensation d’être au bon endroit, au bon moment. Alors ose, fais ce que tu as toujours rêvé de faire, n’attends pas les autres, personne ne viendra te chercher !

Alizée

« Si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est avant tout des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main »

Je suis actuellement dans un hôtel aux portes de San José, la capitale du Costa Rica. Mon périple touche à sa fin. L’ambassade m’a appelée il y a de ça une semaine pour m’informer qu’un ultime vol de rapatriement aurait lieu ce jeudi 16 avril et qu’il m’était vivement conseillé de le prendre. En effet, personne n’est actuellement en mesure de dire dans combien de temps les lignes aériennes internationales vont rouvrir. L’activité touristique à Sámara, comme partout ailleurs dans le monde, s’est éteinte. Ainsi, je n’ai plus tellement de travail à fournir auprès de Heiner et Martine qui, touchés de plein fouet, ne peuvent plus se permettre d’avoir une volontaire à charge. La décision de rentrer s’est donc imposée à moi.

Après des « hasta la proxima » particulièrement compliqués, j’ai pris deux bus en direction de la capitale. Munie de gants et d’un masque de chantier j’étais prête à affronter cette horde de gens pour qui les gestes barrières étaient clairement conceptuels. Après 6 heures de bus la chance m’a une nouvelle fois souri puisqu’il s’est trouvé que, se rendant jusqu’au centre ville de San José, le bus passait devant mon hôtel situé dans la ville en amont. Après avoir négocié avec le chauffeur, ce dernier a accepté de s’arrêter devant pour me laisser descendre. Sur le papier ça paraissait être une excellente idée et tandis que le bus poursuivait sa route, je me suis paisiblement endormie en attendant d’arriver à bon port. Effectivement, le chauffeur ne m’a pas oubliée et s’est arrêté à l’endroit entendu. Ma camarade de siège m’a alors réveillée pour que je descende. Dans la précipitation c’est tout juste si je n’ai pas oublié mon sac à dos. J’étais toute fière à l’idée d’arriver à l’hôtel sans devoir prendre un énième transport (à ce moment-là du récit vous vous doutez bien qu’il y a eu un couac… et pour cause). Quelle ne fût pas ma surprise, une fois le bus parti, de constater qu’il m’avait laissée au bord d’une 4 voies et que mon hôtel se situait… de l’autre côté. Après avoir cherché l’existence d’un éventuel pont, chemin, sous-terrain, tapis volant.. en vain, j’ai dû me résigner à l’idée qu’il me faudrait la traverser à pied. Je rajouterai simplement que dans l’hypothèse où vous voudriez tester vos reflexes et votre foulée, c’est un exercice que je vous suggère.

J’écris ces mots dans le jardin de l’hôtel, je suis pour le moment la seule cliente. C’est une expérience tellement étrange. Je me sens privilégiée. Le jardin est magnifique, des arbres tropicaux bordent une jolie piscine. Il y a un énorme manguier et la propriétaire Emma m’a invitée à en manger autant que je le souhaitais. Il n’y a pas de bruit, seuls le chant des oiseaux et les « holà » du perroquet Camilla m’accompagnent. J’ai l’impression d’être seule au monde.

A ce moment-là, habitée par des sentiments parfaitement antagoniques, je ressens le besoin de faire une sorte de bilan.

D’un côté je me sens apaisée, profondément reconnaissante de tout ce que j’ai vécu et simplement heureuse à l’idée de revoir ma famille. Mais, aussitôt, je suis submergée par la tristesse. Au delà du village paradisiaque que je quittais, j’avais la sensation de laisser derrière moi l’équilibre que j’avais enfin retrouvé. Pendant des mois et des mois avant de partir à l’étranger, j’ai traversé cette phase où je ne savais plus ce que je voulais, si ce que je faisais avait du sens pour moi. Le sentiment irrépressible d’avoir peur de prendre la mauvaise décision, le mauvais chemin alors que tout le monde semble avancer autour de soi. Quand je suis à l’étranger ces doutes s’envolent parce que je suis inévitablement dans l’instant présent, dans la découverte non seulement de mon environnement, des autres mais surtout de moi. J’en apprends tous les jours un peu plus sur mes capacités d’adaptation, de dépassement, de courage. Le fait d’être dans un milieu différent, hors du cercle familial, amical ou professionnel est tellement libérateur. Tu n’es plus influencé par tes proches, tu ne te sens plus obligé de faire les choses parce que c’est ce qu’on attend de toi. Tu n’as plus cette pression de décevoir parce que tu n’es pas là où on t’attend. Tu VIS, simplement, et je peux t’assurer que ce sentiment de liberté absolu c’est la meilleure thérapie du monde.

Parce que c’est si dur d’être honnête avec soi-même, d’oser s’avouer que finalement on n’est pas très heureux dans notre travail, dans notre couple, dans notre vie. Mais c’est tellement effrayant de quitter cette situation que l’on connaît, aussi inconfortable soit-elle, de bouleverser ses habitudes pour un idéal qui n’existe pas encore et qui ne dépend que de nous, de nos choix, d’un déclic. Mais la vraie question c’est, est-ce qu’à force de faire l’autruche et d’ignorer ce qui m’anime vraiment au profit de ce que je connais, ce qui me rassure, ce qui est normal, je ne vais pas un jour me réveiller avec la conviction d’être passée à côté de quelque chose ? Le voyage m’a permis de prendre la mesure de ma faculté à me voiler la face sur tout ça.

Alors évidemment, partir seule vivre à l’étranger ce n’est pas tout rose non plus surtout si comme moi tu laisses derrière toi une famille et des amis incroyables. Inévitablement, tu rates des moments précieux, des moments de retrouvailles, des moments importants; la naissance de ma nièce, le décès de ma grand-mère. J’aimais tellement cette femme, sa force, son indépendance ; je ne me suis toujours pas pardonnée d’être absente pour lui dire au revoir. Il arrive aussi que tu te sentes seul, tu n’as pas le confort d’être chez toi, de pouvoir te réfugier dans un endroit rassurant quand parfois le doute t’envahit. Et puis heureusement tu rencontres des personnes bienveillantes. Et de ces rencontres naissent le plus souvent des amitiés sincères, parce que nous traversons les mêmes épreuves, nous sommes habités par les mêmes émotions, submergés par les mêmes questionnements ; alors forcément ça rapproche. Tu te nourris de leurs expériences et très vite tes incertitudes sont balayées et l’euphorie de l’aventure reprend le dessus.

Pour toutes ces raisons j’étais effrayée à l’idée de rentrer, à l’idée de retrouver ce quotidien qui n’aura pas changé. De recevoir ces mêmes questions sur mon avenir alors que je n’en ai même pas le début du commencement de la moindre idée. Que tout le monde commence à parler « bébé, maison, CDI » et que ça me donne envie de m’évanouir. Qu’on ne se méprenne pas, chacun fait bien comme il veut et c’est génial si c’est ce que tu désires. C’est juste que je me sens tellement pas concernée par tout ça que j’ai l’impression de ne plus être sur la même planète. J’ai toujours été tellement admirative de ceux qui avaient une idée claire et précise de ce à quoi ressemblerait leur vie et qui ils voulaient être pour le restant de leurs jours. J’en suis incapable. Bon, je ne pars pas totalement de zéro, j’adore apprendre et découvrir. Ce qui m’anime c’est écrire, c’est servir les causes qui font du sens même si elles semblent désespérées (surtout si elles semblent désespérées), c’est l’art de la communication dans ce qu’elle a de plus noble, c’est le règlement des conflits à l’amiable parce que ça existe et que c’est clairement sous côté.

Je suis partie il y a 6 mois de ça pour fuir. Je me sentais nulle d’avoir échoué. Je ne savais pas comment rebondir. J’avais peur. Peur parce que pour la première fois de ma vie je n’avais pas de plan B, pas de perspective derrière. Et puis j’ai décidé de partir. C’est étrange comme concept quand on y pense, partir dans l’inconnu pour se trouver. Le plus fou c’est que ça marche et que mis à part les billets d’avion, ça ne m’a rien couté grâce au système du volontariat ou celui de fille au pair (pas de panique les boys vous pouvez être au garçon au pair aussi).

Ce que j’ai le plus aimé du Costa Rica s’explique en une phrase « con poco pero con mucho » (avec peu mais avec beaucoup). Je n’avais quasiment aucun bien matériel. Je vivais avec une paire de tongs, 3 tee-shirts, 1 slip (enfin t’as compris quoi). Mais j’avais tout ce qu’il me fallait. J’allais me promener dans le village pour cueillir des mangues, je prenais mon vélo pour aller à la plage. Les locaux sont devenus mes amis et j’ai appris à vivre comme eux. Ils m’ont fait découvrir leur quotidien avec passion. Mes journées se résumaient en une expression PURA VIDA. Ils ont cette étincelle contagieuse de bonheur dans leur regard. Ils ont cet attachement sincère à la nature et vivent en harmonie avec elle. Ils sont conscients de leur chance de pouvoir profiter de tout ce qu’elle offre. Ils m’ont appris à surfer, m’ont emmenée pêcher en mer sur un kayak puis à la rencontre des dauphins. J’ai passé des heures sur les plages désertes à admirer les couchers de soleil somptueux laissant place à la nuit où des étoiles filantes dansaient dans le ciel. J’ai découvert ou redécouvert les spécialités latines : la danse, la musique, la cuisine. Ils ont le sens du partage, de la fête. Le quotidien est souvent rude compte tenu du niveau de vie mais ils te diront que le principal c’est qu’il fait beau, chaud, qu’il y a le pacifique, des chevaux en liberté sur la plage, des immenses noix de coco « pipa fria » dans les arbres, qu’il y a la nature et les animaux exotiques, qu’il y a de bonnes vagues pour surfer et des amis pour profiter.

J’ai aussi été fascinée de constater qu’à l’international les mêmes problématiques personnelles reviennent. La peur de ne pas réussir, de ne pas être accepté, d’être seul, d’être ridicule. L’humain a un profond besoin d’appartenance et de reconnaissance. Moi la première en écrivant ce blog, j’avais peur d’être moquée et critiquée. Parce que finalement les histoires d’Alizée sur son cheval on n’en a à peu près rien à foutre. Mais finalement les critiques positives ou négatives sont géniales parce qu’elles permettent d’avancer et de grandir. Et ce qui m’a le plus encouragée c’est de savoir que même en ne vivant pas les mêmes choses que moi des personnes ont pu s’identifier à mes émotions, mes turpitudes, mes questionnements. C’est de comprendre qu’on est plus nombreux qu’on ne le pense à se poser un milliard de questions, à piétiner parfois, se tromper souvent et ça donne du courage je trouve de se dire qu’on n’est pas seul(e). Que d’autres sont passés, passent ou passeront par là. Se tirer vers le haut et s’accompagner avec bienveillance c’est ce que j’ai envie de transmettre avec mes écrits, en étant vulnérable, maladroite mais honnête.

J’ai envie de vous laisser avec un mythe mélanésien qui résume tout et que j’adore :  

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité.

Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »

On s’entend ici la pirogue n’est pas seulement une métaphore du voyage, elle représente plus généralement les nouvelles expériences, les projets que l’on rêve de réaliser ; ceux qui nous animent tout autant qu’ils nous donnent le vertige. Ce sentiment irrépressible de liberté qui nous saisit parfois (tous les jours ?). Tandis que l’arbre représente notre entourage, nos convictions, nos habitudes, en somme notre stabilité. L’idée c’est que tes expériences passées, ton environnement (quand il est bien choisi) et tes échecs t’aideront à voguer vers tes nouvelles ambitions. Je dirais même que si un projet te tient à cœur mais que tu as peur fais-le. SI TU AS PEUR FAIS-LE !

Hasta la proxima,

Alizée

Ma vie, cette comédie musicale !

Les jours se sont succédés à une vitesse folle. J’ai été littéralement happée par ce nouveau quotidien rempli de rencontres, animé d’activités, rythmé de musique, débordant d’euphorie, vivifiant de nature, savoureux de liberté. Je te souhaite profondément de connaître ce sentiment de plénitude absolue qui m’a accompagné durant ces dernières semaines.

Tout d’abord et parce que je sais que mon dernier article t’a laissé pantois quant à mon statut de guide à cheval ; je te confirme que les jours qui ont suivi, j’ai effectivement pris les rênes des excursions (oui le jeu de mot c’est cadeau, ça me fait plaisir). Ma première sortie en tant que guide unique restera, si ce n’est dans les annales, au moins dans ma mémoire tant je me suis sentie incroyablement incompétente.

Même s’il est vrai que je connaissais le parcours comme ma poche pour l’avoir fait plusieurs fois avec Heiner, j’ai eu plus de difficulté à enregistrer mais surtout retranscrire aux touristes mon « texte » sur la faune et la flore environnantes. Martine m’avait rédigé des notes en anglais sur plusieurs pages afin que je les apprenne et puisse les répéter, telle une 6e A subissant son premier oral de langue vivante.

Pour être sûre de n’oublier aucun terme technique, j’ai pris le parti de glisser soigneusement les précieuses fiches dans mon leggin. Dans l’idée je n’aurai qu’à les zieuter discrètement si un mot me manquait. Malheureusement, cette fulgurance s’est avérée inopérante lorsque, le moment venu, j’ai tenté de sortir les pense-bêtes. En effet, ces derniers avaient entre temps filé dans les méandres de mon pantalon, alors que j’essayais d’emmener mon cheval sur le droit chemin tandis que lui prenait incontestablement le gauche. L’opération s’est définitivement soldée par un échec lorsque dans un dernier élan de maladresse j’ai laissé échappé mes notes, lesquelles ont été joyeusement piétinées par l’ensemble de la cavalerie sous mes yeux ébahis. BREF, qu’importe, l’improvisation c’est 70% de ma vie de toute façon donc cette nouvelle étape n’allait pas déroger à la règle. Je me suis alors lancée à cœur et corps perdus dans un yaourt parfaitement inaudible pour donner des explications à mes chers touristes qui, de toute évidence, n’en demandaient pas tant… Heureusement, à force de répéter la même chose tous les jours, mon texte a fini par être maitrisé et parfaitement compréhensible. Je me suis même essayée à quelques blagues volées à mon mentor. Et même si cela m’a valu plusieurs moments de solitude ponctués par un « aaaaall right, follow me, we continue », j’ai, a maintes reprises, fait rire mon assemblée ; ma fierté se trouvant, à cet instant T, à son paroxysme !

J’utilise beaucoup l’autodérision mais en réalité la majorité des excursions se sont déroulées à merveille. Mon quotidien se résumait à guider des personnes dans des lieux paradisiaques et les regarder sourire, profiter, s’émerveiller… Je dis la majorité et non la totalité car évidemment toute règle a son exception. En effet, ça aurait été trop facile si l’une de mes sorties ne s’était pas ponctuée par la chute d’un client. Deux chutes vous dites ? Bon OK deux chutes et puisqu’ils s’en sont finalement sortis indemnes, je veux bien vous conter ces deux hécatombes consécutives.

Ce tour se composait d’une jolie petite famille américaine. (Tu te souviens peut-être de ma hantise imaginaire dans mon précédent article ; eh bien nous y étions en plein dedans) : En arrivant sur la plage, je propose machinalement à mes clients de finir l’excursion en apothéose par un galop sur le sable fin. Tous acceptent dans une excitation à peine contenue. Et, alors que je finis de donner les dernières consignes de sécurité dans l’indifférence générale, Dylan, à peu près aussi grand que large, le cadet de la famille, s’élance avec son cheval. Je comprends immédiatement au regard de sa posture que Dylan allait très prochainement défier les lois de la gravité et… perdre ! Son corps penchait irrémédiablement sur la gauche de manière inversement proportionnelle à l’avancée de sa monture. C’est ainsi que, sous mon regard impuissant et celui de sa famille, Dylan a chuté, FORT ! Après l’avoir consolé, lui qui n’était plus que larmes et sable et, alors que je venais de le remettre sur son cheval ; son père, qui se prenait pour un Cowboy depuis le début du tour, a entrepris de descendre de son cheval pour jouer à l’archéomalacologue (mais si tu sais celui qui étudie les coquillages). Jusque-là tout allait bien mais c’est lorsque ce dernier a entrepris de remonter sur son cheval que l’univers lui a répondu un grand NON.

Le pied posé dans l’étrier, il a balancé sa jambe pour se propulser sur le dos de l’animal sauf que la selle a vrillé sous son poids. Le tout de l’opération a fait perdre l’équilibre au cheval lui-même. Je ne sais par quel miracle super Daddy ne s’est pas retrouvé mort, écrasé sous ce pauvre Hercules. La scène était déjà très grotesque mais nous avons incontestablement touché le fond lorsque super Daddy nous a tous planté là et est allé s’asseoir seul, face à l’océan, pendant une dizaine de minutes. Sa femme m’expliquant alors que dans ces moments-là « it’s better to leave him alone ». Génial… Il a donc fallu attendre que Monsieur Susceptible ait fini de faire le point sur sa vie pour enfin mettre un terme à ce cirque incommensurable et regagner  chacun le cours de nos vies. Inutile de préciser que cette fois là, je me suis assise sur mon pourboire !

Fort heureusement toutes les autres excursions que j’ai effectuées se sont déroulées à merveille. Ce que j’ai le plus adoré c’est d’avoir l’opportunité de rencontrer des personnes venues du monde entier (Asie, Océanie, Europe, Amérique… quelle richesse de culture). Ma rencontre la plus improbable restera Ephraïm.

Ephraïm est un américain vivant à New-York. Il est venu au Costa Rica pour quelques jours. Jusque-là rien d’extravagant. Puis vient le moment où je lui demande ce qu’il fait dans la vie ; et là, il me répond avec un naturel déroutant : « Je joue le premier rôle dans une comédie musicale à Broadway. » (A savoir Mickael Jackson dans « MJ : The Musical »). Donc à ce moment précis j’étais à deux doigts de sauter de joie sur mon cheval. Vous ne le savez peut-être pas mais je suis une grande fan des comédies musicales. J’ai eu la chance d’en voir plusieurs dans ma vie dont deux à Broadway et à chaque fois j’étais comme une enfant.  En réalité, j’étais tellement impressionnée que la seule chose que j’ai trouvé à lui répondre c’est : « Ah c’est cool ! » … Je lui ai dit AH C’EST COOL punaise, en ne prenant même pas la peine de le traduire en anglais d’ailleurs. Thanks god, j’ai rapidement retrouvé mes esprits et nous avons poursuivis cette conversation surréaliste jusqu’à la fin de l’excursion.

Une fois rentrés, je devais m’occuper des chevaux si bien que je n’ai pas eu le temps de lui dire au revoir. Je me suis dit que c’était dommage parce que c’est pas tous les jours que l’on rencontre Michael Jackson; mais de toute façon il devait vouloir être tranquille compte tenu de son rythme de vie. Comme pour tous les touristes habituels, je me suis donc contentée de lui envoyer un mail avec toutes les photos de la balade en lui souhaitant une belle fin de séjour et DEVINEZ QUOI ? Il m’a immédiatement répondu en me proposant d’aller boire un verre ! J’aime tellement quand les hasards de la vie jouent leur partition et viennent chambouler le cours paisible du quotidien.

La vie ici est incroyable, elle est si simple et pourtant si intense ; ici ils disent « con poco pero con mucho »… Je ne pourrai pas mieux dire !

A très vite,

Alizée

Comment devenir guide à cheval au Costa Rica ?

La première nuit avait passé et il était désormais temps d’attaquer les choses sérieuses. Pour te resituer le contexte je suis arrivée au Costa Rica en tant que volontaire pour venir en aide à Martine et Heiner. Martine est une jeune femme d’une trentaine d’années. Elle avait posé ses valises à Sámara il y a six ans après avoir parcouru le globe en sac à dos. Elle est venue ici pour des vacances, a rencontré Heiner et n’est jamais repartie. Ensemble, ils ont créé il y a deux ans une compagnie d’excursions à cheval : Sámara Explorer Tour. Ils sont partis de rien. Heiner était ébéniste passionné de chevaux et Martine, bien que novice en matière équine, avait la fibre entrepreneuriale. Ils ont débuté en louant des chevaux puis, devant le succès grandissant, ont commencé à investir en achetant trois chevaux, puis quatre jusqu’à obtenir, deux ans plus tard, un cheptel de treize équidés.

 Lorsque j’ai contacté Martine pour lui proposer mon aide sans réellement connaître son activité, elle a tout de suite accepté. En effet Martine était enceinte de six mois et de ce fait son statut de guide à cheval a été mis entre parenthèse. Depuis plusieurs mois, Heiner assurait seul les tours sans pouvoir s’octroyer de jours de repos. Eux cherchaient une personne volontaire, courageuse et forte, que dis-je, une personne incroyable et moi j’étais en quête d’une nouvelle aventure. C’est donc tout naturellement que le destin nous a réuni.  

Et c’est comme ça que mon aventure de guide à cheval a débuté.  

Le réveil sonne, il est 6H00. Bon, en réalité il est 5H du matin. Mon portable ne s’est pas mis à l’heure locale et j’erre comme ça pendant une heure en attendant que tout le monde se lève sans comprendre pourquoi ils n’arrivent jamais. Une heure plus tard, Heiner vient me rejoindre et se moque largement de mon faux départ.  Quoiqu’il en soit nous embarquons sur son scooter en direction du champ où sont parqués les fidèles destriers.

Toujours sur le deux-roues nous pénétrons dans le pré. Heiner continue d’accélérer en donnant de généreux coups de klaxon pour alerter les troupes de notre arrivée.

Le jour se lève et l’océan se dessine au fond de la prairie tandis que les chevaux accourent au grand galop. C’est une image magnifique de simplicité et de liberté.  

C’est l’heure des présentations tandis que nous les attrapons un par un. Heiner fait ça avec tant de facilité, les chevaux l’écoutent au doigt et à l’œil.  Je rentre à pied en guidant Hercule et Princesa, laquelle seradésignée comme ma monture habituelle (coïncidence ? Je ne pense pas.) Très vite, Heiner me double avec un large sourire comme pour me chambrer, il manie d’une main l’engin motorisé et tient de l’autre les cinq chevaux particulièrement coopératifs.

Une fois arrivée dans le patio de la propriété, il me montre étape par étape sa routine pour préparer tout ce beau monde avant que les clients n’arrivent pour l’excursion. Je regarde, j’apprends, dans quelques jours je serai amenée à réaliser les préparatifs toute seule et, comme à chaque fois que l’on me confie une mission, je ne veux pas les décevoir.

Il est 8H00, le soleil est déjà chaud. Les touristes viennent d’arriver, ils sont américains. Si Heiner maitrise l’anglais en plus de son espagnol natal, ce n’est absolument pas mon cas. J’écoute Martine donner les dernières explications et consignes de sécurité et je ne peux m’empêcher d’imaginer la scène folklorique où je devrai également m’occuper de donner ces indications en anglais. A ce même moment défile dans ma tête l’image d’un client, n’ayant pas compris mes explications, trainé au sol par son cheval lancé au galop tandis que je leur cours derrière pour tenter de stopper ce marasme. Martine me ramène à la réalité en m’invitant à aider les clients à s’installer sur leur monture. 

8H30 nous partons. Heiner est en tête de peloton et je ferme la marche. En réalité j’ai l’impression de faire partie du groupe de touristes puisque c’est la première fois que je découvre le parcours et puis ça faisait deux ans que je n’étais pas montée sur un cheval.. A cet instant mon objectif premier est de faire bonne figure et de ne surtout pas tomber de ce cheval.

La balade débute dans la forêt. Grâce au climat tropical, la faune est incroyablement colorée et variée. Des fleurs rouges, violettes, roses, jaunes égayent notre passage. Les arbres de toutes les formes et de toutes les tailles abritent en leurs seins des animaux en tout genre qui n’ont d’ailleurs pas peur de manifester leur présence, à commencer par une famille de singes. 

Le sentier conduit au sommet d’une falaise qui surplombe l’océan. S’offre à nous une vue imprenable à 180 degrés sur Sámara, l’île de Chora et une plage secrète accessible uniquement à pied. Une légère brise provenant de l’océan nous effleure comme pour nous aider à supporter la force du soleil. Nous poursuivons notre route dans la jungle en direction de la plage. Jusqu’ici, aucun incident à déplorer, je suis toujours en vie positionnée sur mon cheval, lequel semble également se porter à merveille.

Après  avoir traversé une rivière nous arrivons sur la plage de Buena Vista. L’endroit est littéralement désert. Heiner nous explique que personne ne vient se baigner ici car les courants sont trop forts. Seuls quelques surfeurs et pêcheurs viennent braver le danger. Avant de nous lancer au grand galop sur la plage et dans la mesure où nous montons façon Western (sans mords pour les chevaux), Heiner nous donne quelques dernières précisions sur la technique à adopter. J’écoute religieusement, je n’ai jamais monté comme ça auparavant.

Le groupe se lance au grand galop, à ma gauche les vagues viennent se fracasser sur le sable, à ma droite des palmiers à perte de vue. L’horizon est épuré, la plage est à nous. Les couleurs sont incroyables.  D’aussi loin que je me souvienne je ne crois pas avoir ressenti un sentiment de liberté aussi intense auparavant. Je réalise que ce sera mon travail pour les prochaines semaines à venir. Je suis une privilégiée.

La vie est tellement surprenante parfois. Il y a un an j’étais enfermée entre les quatre murs de ma chambre pour préparer mon examen et, aujourd’hui, je me retrouve à galoper sur une plage déserte du Costa Rica. Si on m’avait dit ça quelques mois auparavant, j’aurais probablement éclaté de rire. Comme quoi, on a beau essayer de planifier l’avenir, tirer des plans sur la comète, l’univers (appelez ça comme vous voulez en fait) continue de jouer son œuvre. Et, comme pour nous rappeler que nous ne sommes finalement pas grand chose, il s’immisce parfois dans notre vie pour en chambouler le cours paisible. Parfois pour le pire, parfois pour le meilleur. Je crois que tout dépend en réalité de la manière dont on décide d’interpréter les événements et d’y réagir. Beaucoup m’ont dit que j’avais de la chance d’être ici, de vivre cette expérience. Je ne crois pas que ce soit que de la chance. Partir c’est la réponse que j’ai décidé de donner après mon échec. J’ai choisi d’être ici, j’ai provoqué tout ça. Et je pense que c’est une des grandes leçons que j’ai apprises cette année : si une situation ne te convient pas et même si tu ne peux pas la changer, tu peux au moins décider de la manière dont tu vas la traverser.

La balade s’est terminée dans un calme olympien après que nous ayons pris une pause pour déguster des fruits assis face à l’océan. Les touristes étaient conquis (moi aussi). Ils m’ont même donnés un pourboire alors que c’est tout juste si je n’ai pas eu l’impression d’avoir débarqué avec eux le matin même. 

Au final tout s’est bien passé. Les jours qui ont suivi, j’ai continué à aller avec Heiner durant les excursions pour notamment apprendre ce qu’il raconte aux touristes sur la faune et la flore afin de pouvoir par la suite à mon tour étaler ma science. Car très vite, j’allais me retrouver seule à gérer un groupe de chevaux affublés de touristes dont je ne parle pas la langue pour les guider dans un pays que je ne connais pas… Tu en voulais de l’aventure Zézé ? Tu es servie.

A très vite,

Alizée

Le début de ma nouvelle vie au paradis !

Il est 22h et je débarque enfin à l’aéroport de Libéria au Costa Rica. Le passage à la douane, contrairement aux États-Unis, n’a été qu’une formalité, presque un moment convivial avec l’Agent. Ça y est, mon passeport est estampillé, cette nouvelle aventure peut commencer. Je sors de l’aéroport, malgré l’heure avancée dans la soirée l’air est chaud. Très vite, l’euphorie prend le pas sur la fatigue. Je suis au Costa Rica, seule, et je ne me suis jamais sentie aussi LIBRE !

 Il me reste deux bus à prendre et quelques heures de route pour me rendre au petit village de Sámara où je suis attendue par Martine et Heiner. Évidemment comme tu peux t’en douter au Costa Rica, en tout cas pour se rendre dans les petits villages, le réseau de bus ne fonctionne pas H24. J’avais alors réservé une nuit dans une auberge de jeunesse près de l’aéroport avant de reprendre mon périple le lendemain. Par chance, la navette que je devais prendre pour rejoindre le premier village passait juste devant l’auberge. Armée de mon sac à dos, je me suis donc postée à la première heure le lendemain à côté d’un arbre qui faisait office d’abris bus. Selon les informations données à la réception, je devais monter dans un bus indiquant « La pampa ». Ça en disait long sur ma destination…

Les minutes (les heures ?) ont passé et JAMAIS il n’arrivait. J’ai eu le temps de faire connaissance avec une dame installée à côté de moi. Elle avait avec elle un petit chariot contenant des « empanadas » faits maison et des jus de fruits frais. Heureusement que je l’ai rencontrée d’ailleurs parce qu’elle m’a affirmé que je ne devais pas du tout prendre le bus que la réception m’avait indiquée.

Devant mon désarroi elle a pris les choses en main en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Elle a calé mon sac contre l’arbre, m’a suggérée de m’asseoir sur son tabouret en disposant dans mes mains une énorme empanada, un délice. A peine le temps de terminer mon festin qu’elle avait, d’un simple signe de main, stoppé un bus. LE bus tant attendu pour rejoindre le village de Nicoya où je devais prendre l’autre correspondance en direction de Sámara. Avant que je ne la laisse, elle m’a pris dans ses bras comme pour me souhaiter bonne chance dans mon aventure et m’a adressée un large sourire rempli de sincérité. Je suis toujours époustouflée par les hasards de la vie qui mènent à des rencontres et des échanges improbables, furtifs mais si précieux.

Le premier trajet a duré environ trois heures. Sous mes yeux émerveillés les paysages du Costa Rica défilaient tandis que nous nous enfoncions en direction de la pampa. Dans le bus il faisait une chaleur étouffante. Mais rien n’aurait pu entacher mon enthousiasme. Des musiques latinos déferlaient dans l’habitacle tandis que notre chauffeur, pied au plancher, avalaient les kilomètres sur ces routes qui n’en étaient pas. Les nids de poule ? Il n’en avait que faire ! Chanter à tue-tête sans qu’aucune note ne soit juste ? Il n’en avait que faire ! Mais effectivement, RIEN n’aurait pu entacher mon enthousiasme !

Ce trajet sportif s’achevait et j’arrivais enfin à Nicoya. Sans trop d’encombres je trouvais l’autre station de bus et je prenais ma correspondance en direction de Sámara. J’y étais presque, plus qu’une petite heure de trajet et le périple prendrait fin.  

Arrivée au village, Martine m’avait prévenue qu’il n’y avait pas vraiment d’adresse déterminée et que je devais m’arranger avec le chauffeur pour qu’il me laisse à un croisement à la sortie de Sámara. Je devais ensuite marcher en direction d’une petite épicerie « Iguana Verde » et 100 mètres plus loin je trouverai sa maison.  Ainsi soit-il, j’ai toujours aimé les courses d’orientation de toute façon !

Le bus me débarqua à l’endroit souhaité. Il était 15h, je me retrouvais au bord d’un chemin en terre, personne à l’horizon et je dois avouer que pendant quelques secondes je me suis demandée « Mais bordel Alizée, qu’est-ce que tu fous là ?! ». Heureusement, la chaleur avoisinant les 200 degrés m’a très vite sortie de mes pensées, et je me suis donc mise à marcher en quête de mon futur chez-moi.

Martine était là dans le patio, enceinte jusqu’aux dents, elle préparait les chevaux avant qu’ils ne partent en excursion avec une flopée de touristes assoiffés d’aventure.

Elle m’a accueillie en me prenant dans ses bras comme pour dire bonjour à une amie.  Le courant est tout de suite bien passé entre nous.  Elle me fit découvrir mon nouveau lieu de vie tout en me présentant son mari, Heiner puis Mélina, une amie québécoise venue lui rendre visite pour quelques jours. Alors qu’elle repartait s’occuper des chevaux, Martine m’invita à faire comme chez moi.

Mélina s’improvisa guide touristique et nous partîmes découvrir le petit village construit sur les bordes du Pacifique.  Je dis petit parce que niveau superficie, je ne suis pas vraiment dépaysée de Lourdios. En effet, Sámara comporte uniquement deux rues principales et quelques ruelles adjacentes. La transition avec New York City était certes un peu violente mais toutefois bienvenue. Ça fait du bien de retrouver un lieu de vie à taille humaine.

Mélina me montra les lieux incontournables dont la PLAGE et LE bar où allait se jouer la majeure partie de nos soirées.

C’est ainsi que se termina ma première journée au Costa Rica. J’admirais le soleil se coucher sur le Pacifique, laissant derrière lui une trainée de couleurs flamboyantes. J’étais tellement reconnaissante à cet instant là. Reconnaissante d’avoir osé envoyer ce message. Reconnaissante de m’être autorisée à réaliser ce voyage dans l’inconnu. J’avais hâte de vivre les prochains jours et découvrir ce que la vie me réservait. Je n’allais pas être déçue…

A très vite,

Alizée

Les rendez-vous inattendus de la vie !

Le jour du départ approchait à grand pas et je n’avais aucune envie de rentrer en France. Mon vol retour était prévu le mardi 18 février à 23h et je savais déjà pertinemment que je ne prendrai pas ce vol. Une fois cette certitude acquise il ne me restait plus qu’à débusquer une nouvelle aventure. Définitivement ma prochaine étape serait sous les tropiques. Je n’en pouvais plus d’affronter le froid en me trimballant sous cet épais manteau vert. Oui, en somme je n’en pouvais plus de l’hiver et du packaging lèvres gercées et mine de déterrée qui va avec.

J’ai alors commencé à regarder de nouveau sur le site d’Au Pair World. Ce même site qui m’avait permis trois mois plus tôt de venir expérimenter l’American way of life.  Je me suis rapidement retrouvée en contact avec des familles de Californie, du Mexique et de Colombie. Mais après réflexion je voulais découvrir un autre quotidien et être davantage en contact avec l’extérieur, avec les locaux. Parce que mine de rien ma routine de Nanny me permettait de parcourir New York City quasiment uniquement le week-end.

Et puis en trainant sur différents blogs de voyages  j’ai découvert l’existence du site HelpX.

HelpX c’est un monde virtuel merveilleux qui met en contact des « volontaires » et des personnes qui cherchent des travailleurs en échange, le plus souvent, du gîte et du couvert. Autrement dit une autre manière de découvrir un  autre pays à moindre coût (de mémoire l’inscription sur le site coûte uniquement 40 € pour deux ans…).

Après avoir envoyé une dizaine de messages à des hôtes au Mexique, en Equateur, en Colombie, au Brésil et au Costa Rica je recevais finalement la réponse positive du gérant d’une auberge de jeunesse située dans la région des Chiapas au Mexique.  J’étais la plus heureuse mais j’ai rapidement déchanté.  Tout d’abord parce que les billets d’avion étaient hors de prix et puis parce tout ne se goupillait pas bien. En réalité, je ne le sentais pas. Non pas que j’ai eu peur ou que le courant ne passait pas avec l’hôte  mais vous savez je n’ai pas eu le feeling pour cette expérience.  J’ai alors préféré suivre mon intuition et je n’ai pas continué les démarches.

Finalement je n’avais pas beaucoup de réponses sur HelpX, je me suis alors dit que c’était un signe et que je devrais peut être mieux rentrer en France comme prévu. Le temps pressait et je n’avais toujours pas de plan B. J’étais à deux doigts de me résigner et puis comme pour provoquer ma chance une dernière fois je suis allée sur le site de mon bloggeur voyage préféré connu sous le nom d’Alex Vizeo. Je ne sais pas trop ce que j’allais y chercher, de l’inspiration peut-être ou une intervention divine sûrement.

Une fois sur la page je suis tombée sur un de ses articles sur le Costa Rica. Il y détaillait son périple de quinze jours avec ses nombreuses excursions et pour chacune d’elles il précisait le nom du guide ainsi que son numéro de téléphone.  J’ai alors pris un numéro au hasard et j’ai envoyé un message sur whatsApp. Je me suis présentée en disant que j’étais une française très volontaire pour travailler et découvrir de nouvelles choses. Quelques minutes plus tard je recevais la réponse d’Alfredo m’indiquant qu’il n’avait pas besoin d’aide mais qu’il connaissait une personne qui serait sûrement intéressée. C’est comme ça que je me suis retrouvée avec le numéro de Martine, une québécoise ayant quitté sa Belle province pour venir s’installer avec l’amour de sa vie, Heiner. Tous deux ont monté une affaire et proposent des excursions à cheval à Sámara. Je lançais alors une deuxième bouteille à la mer en proposant mon aide à Martine. Deux jours sont passés et je n’avais toujours pas de réponse de sa part. Je me souviens m’être dit « mais réveille-toi ma grande, à quelle heure une inconnue va répondre à ton message en te disant -oui tu peux venir vivre chez moi, j’ai du travail pour toi- ». Et bien vous savez quoi ? C’est exactement ce qu’elle m’a répondu. Il se trouve que Martine est enceinte de presque 8 mois, que leur affaire marche super bien et que Heiner (son mari donc) se trouve par conséquent débordé sous la masse des réservations.

A la suite de sa réponse je n’étais plus que joie, euphorie et amour. C’était incroyable de lire un article sur un blog, envoyer un message à un numéro au hasard et finalement se retrouver embarquée comme guide à cheval au Costa Rica… Par la suite Martine et moi nous sommes appelées une fois pour régler les détails. Le courant est super bien passé, c’est une jeune trentenaire adorable, pleine de vie avec un large sourire et qui est, comme moi, passionnée d’aventures.  A peine raccroché je prenais mon billet à destination de Liberia pour la modique somme de 170$… Comme quoi quand la vie veut te donner un coup de pouce elle ne fait pas semblant !

Le hasard a fait que mon billet pour  le Costa Rica se trouvait également le mardi 18 février. Ce jour-là je me suis donc rendue à l’aéroport non pas en trainant des pieds en voyant mon périple se terminer mais avec le sourire aux lèvres et les papillons dans le ventre de découvrir ma nouvelle destination.

J’ai profité de mon dernier week-end new-yorkais pour faire la fête (as usual) et retourner dans mes endroits préférés. Je n’arrivais pas à réaliser que c’était déjà la fin de cette parenthèse surréaliste. New-York tu es incroyable, majestueuse, éblouissante, paradoxale, entrainante, surprenante, bouleversante. Tu m’auras appris que la clé c’est d’oser et de croire en soi (bon je le savais déjà mais de la théorie à la pratique il y a souvent un grand pas). Avec les récits des différentes personnes que tu as mises sur ma route, j’ai compris que tout était possible et que nous sommes le plus souvent les propres saboteurs de nos rêves. New-York en vivant chez toi j’ai été émerveillée par tous les trésors que tu renfermes. Tout n’était pas rose non plus, j’ai été déçue par tant de gâchis, de surconsommation, de pollution. J’ai pris la mesure de ta folie financière au détriment de l’humain. Je ne pourrais pas vivre chez toi New-York mais j’ai tellement adoré apprendre à te connaître. Promis, je reviendrai, j’ai hâte de continuer à découvrir cette immensité que sont les Etats-Unis d’Amérique.

Après deux avions et deux bus pour rejoindre le petit village de Sámara je suis finalement arrivée à bon port. Je vous en dis plus très vite sur ma nouvelle vie de guide à cheval au Costa Rica (le temps de réaliser tout ce qui m’arrive).

Con mucho gusto,

Alizée

De Guantanamo à Boston !

Les semaines défilent à une allure folle et déjà la fin de mon aventure américaine approche à grands pas. Mais l’heure n’est pas (encore) au bilan et je compte bien profiter pleinement de ces deux dernières semaines, de l’effervescence new-yorkaise, de mes nouveaux amis, de cette merveilleuse famille, de cette tranche de vie incroyable qui dure depuis plus de deux mois maintenant.  Est-ce que je suis la seule à avoir l’impression que 2020 va avoir quelque chose de spécial ?

Bon, je dois avouer avoir pensé le 1er janvier dernier que c’était mal embarqué. Il est évident que démarrer 2020 en reculant avec la voiture de mon host dad dans le véhicule me précédant, le tout sous le regard ébahis de ce dernier resté sur le trottoir, n’était pas de bonne augure…

Entre temps je suis également passée à deux doigts d’aller faire un séjour pénitencier à Guantanamo (j’exagère à peine). La raison ? Il est possible qu’en rentrant de soirée à 4h du matin j’ai omis d’allumer les feux de croisement en roulant dans New-York ce qui a inévitablement attiré l’attention d’un véhicule de police sillonnant la ville à ce même-moment. Le problème ?  En réalité beaucoup de facteurs étaient réunis pour que cette affaire prenne une tournure cauchemardesque. La première c’est que je n’ai pas immédiatement remarqué les gyrophares du véhicule de telle sorte que j’ai continué ma route comme si de rien n’était incitant l’agent de police à me sommer de m’arrêter à travers son mégaphone (#coucouledélitdefuite). La deuxième c’est qu’il est possible que j’ai pris le volant en ayant bu deux coupettes (trois ?) de champagne (bon je les avais bues en début de soirée donc rien d’alarmant mais ici c’est tolérance 0). La troisième ?  Je suis plus ou moins censée être partie du territoire depuis le 13 janvier et dans tous les cas il aurait été compliqué d’expliquer à qui appartenait ce véhicule… Mais je ne sais par quel miracle, par quelle force supérieure, par quelle intervention divine l’agent de police m’a uniquement demandé d’allumer mes feux sans contrôler mes papiers (ou mon taux d’alcoolémie).  Thanks god !

Mis à part ces quelques frasques, tout va bien dans le meilleur des mondes !

Mercredi 22 janvier j’ai eu la chance d’aller assister à un match de NBA au Madison Square Garden. Les Knicks de New-York recevaient les Lakers de Los-Angeles. Je remercie une nouvelle fois du fond du cœur Anna, Élodie et Fabienne, trois avocates paloises, avec qui j’ai eu le plaisir d’apprendre et travailler durant plusieurs mois. Elles m’ont fait la surprise de m’offrir cette place avant mon départ et j’étais si impatiente à l’idée de pouvoir vivre cette expérience. Comme prévu, c’était… grandiose tant au niveau du jeu en lui même, de l’ambiance, que des animations entre les quarts temps.

Il y a quelques jours, en trainant sur la toile j’ai vu une offre de billets de bus à 3$ pour un aller-retour à Boston. C’est ainsi que vendredi soir dernier je me suis installée tout sourire dans mon bus en pensant que mon trajet en métro jusqu’à Manhattan m’avait coûté plus cher que mon périple en direction de l’État du Massachusetts. Une nouvelle fois, je suis partie avec mon acolyte de voyage que je ne présente plus.

Tandis que Boston nous accueillait sous la neige nous nous dirigions vers le quartier de Chinatown où se trouvait notre auberge de jeunesse. C’est une fois installées dans notre dortoir vide et parées pour faire une bonne nuit réparatrice que le karma nous a frappées de plein fouet. En effet, trois personnages largement alcoolisés ont pénétré de manière tonitruante dans la chambre brisant littéralement nos rêves en allumant la lumière (cf. L’article sur Washington).

Même si nous avons dans un premier temps profondément détesté ces personnes, il s’est avéré par la suite que leur compagnie était des plus appréciable.  Laurence, Thomas et Olivier sont trois québécois et donc de ce fait automatiquement des personnes cools et adorables avec qui nous avons partagé la soirée du samedi.

Comme à notre habitude nous avons passé le week-end à arpenter la ville au gré de nos envies. Il y a eu l’inévitable Harvard ; vous saviez que l’une des traditions consiste pour les étudiants une semaine avant les examens de fin d’année de courir nus dans le campus en hurlant ? Le rituel à la base consistait simplement à crier par la fenêtre de leur chambre. Les choses ont un chouya dérapé visiblement… Mais ça doit être tellement libérateur !

Il y a eu le Legal Seafood  et le public Market pour découvrir et déguster la spécialité de la ville : le Homard. Pour cette activité tu n’auras besoin « que » de 32 dollars pour un sandwich au homard ET de tes yeux pour pleurer.

Il y a eu aussi le Freedom Trail qui consiste à suivre une ligne rouge dans les rues de Boston laquelle te conduit vers les principaux monuments retraçant l’histoire de la révolution américaine.

Il y a eu enfin le magnifique quartier de Beacon Hill très représentatif de la colonisation britannique ainsi que le Public Garden qui doit être encore plus somptueux quand le printemps s’installe.

Boston est une ville magnifique mais si vous souhaitez vous y rendre je pense qu’il est plus intéressant de le faire durant l’été pour profiter du front de mer et de ses nombreux parcs. Personnellement, j’ai été plus conquise par Philadelphie et Washington !

A très vite pour de nouvelles aventures (il est possible que finalement je ne rentre pas en France fin février… Affaire à suivre !)

Alizée

Visite québécoise de mes cheums !

Il y a deux ans, après avoir obtenu mon Master II en Droit et après avoir passé une année assez compliquée je décidais pour la première fois de réellement m’écouter. Je rêvais depuis de longues années de voyager. Mais pas seulement du voyage de quinze jours à l’occasion duquel tu n’as absolument pas le temps de t’imprégner de l’atmosphère et de la culture du pays. Je souhaitais réellement partir VIVRE à l’étranger. Expérimenter un nouveau quotidien, de nouvelles coutumes, un nouveau rythme. Dans un coin de ma tête je priais pour que cette première expérience soit au Canada. 

En y repensant, je ne peux m’empêchait d’affirmer que la vie est merveilleusement bien faite.  A partir du moment où je me suis autorisée à croire en ce rêve et mettre tout en œuvre pour qu’il se réalise les choses se sont naturellement débloquées. Ca paraissait si facile ! 

Un jour du mois de juin 2017 mon père est rentré d’un événement en Vallée d’Ossau et m’a annoncé qu’il avait rencontré un couple au parcours de vie incroyable. Brigitte revenait de plusieurs années en tant que Directrice d’école en Autriche puis au Canada tandis que Jean-Alain était Magistrat.  Papa me racontait avoir longuement échangé avec eux et avoir glissé à l’occasion que je n’avais qu’une idée en tête c’était de prendre mes cliques et mes claques et partir. Brigitte avait alors rétorqué qu’elle connaissait la Directrice de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Canada (CCIFC) et que cette dernière recherchait une Coordinatrice des Évènements pour seconder la Responsable du service. C’est donc tout naturellement et sans la moindre compétence en évènementiel (ça compte l’organisation des fêtes de Lourdios ou pas ?) que j’avais postulé. Après deux entretiens skype et moultes démarches administratives pour mon visa je m’envolais fin septembre 2017 pour 8 mois (de kiffe) à Montréal. 

Cette expérience restera indéniablement et à jamais l’une des plus belles de ma vie. J’y ai fait et découvert tellement de choses. J’ai aussi eu la chance de rencontrer des personnes incroyables, drôles, généreuses, bienveillantes. Lorsque tu vis à l’étranger les relations que tu tisses sont, en un rien de temps, très profondes et intenses (du moins entre compatriotes). Cela s’explique par le fait qu’on est tous loin de nos familles, de nos amis, de notre zone de confort. 

Durant ces quelques mois j’ai rencontré beaucoup de personnes que j’ai la chance de toujours avoir dans ma vie aujourd’hui.

Petit échantillon de la team tulipe

Parmi elles, Jérémy, Marc et Tristan (vivant toujours à Montréal) ont décidé de venir me rendre visite à Manhattan. Quelques petites présentations s’imposent : 

Jérémy est la première personne que j’ai rencontrée à Montréal. J’étais absolument sans ami(e)s lors de mes premiers jours dans la Belle Province et j’avais décidé de me rendre à une « soirée PVTistes » pour remédier rapidement à ce néant social. (Le PVT est LE visa qui te permet de voyager et travailler dans tout le pays, le Saint Graal très convoité au Canada que je n’avais pas). J’étais alors entrée dans le Patrik’s Pub avec la seule conviction qu’il fallait absolument que j’en ressorte avec des ami(e)s. Une salle avait été réservée au fond du bar pour cette petite soirée, tout le monde était assis autour des tables et personnes ne s’était préoccupé de ma présence. Personne sauf Jérémy qui a eu la grande idée ce jour-là de me faire un sourire. Je m’étais alors précipitée m’asseoir à côté de lui et c’est à partir de ce jour qu’il a fait partie intégrante de mon aventure canadienne entre soirées, week-end chalet, marathon Harry-Potter, découvertes… (Big-up à la team Tulipe). Je vous souhaite de croiser un jour  la route d’un Jérémy aussi génial que le mien.  

Marc fait également partie de la team Tulipe. Passionné de Hockey il a migré il y a plusieurs années au Canada pour vivre sa passion. C’est l’une des personnes la plus bienveillante et gentille que je connaisse. Talent sans aucune mesure pour conter les histoires les plus drôles et sosie officiel de Crush (la tortue dans Némo si t’avais pas la réf), il a également été un élément incontournable de mon aventure. 

Tristan est le sportif de la bande, finisher de nombreuses courses, triathlons, IronMan et marathons (de New-York svp), vous le trouverez toujours sur son vélo que ce soit pour se rendre au travail ou en soirée (oui car il n’est pas le dernier non plus dans ce domaine). Il est arrivé à Montréal quelques semaines avant  mon retour en France mais avec son esprit jovial et épicurien, il s’est très vite intégré à la bande. 

Ces trois joyeux lurons ont décidé, le temps d’un week-end, de venir me faire un coucou à New-York City. Et comme parfois le timing est parfait, c’est tombé pile le weekend où ma host family partait en week-end ski de telle sorte que j’ai pu les accueillir chez moi. Ils ont débarqué le vendredi soir à bord de leur pick-up fraichement loué et les hostilités américaines pouvaient commencer. 

Le samedi on a à peine exagéré en marchant environ 25 kilomètres. La journée a débuté pour nous dans les sentiers de Central Park sous une épaisse tempête de neige.  Les québécois n’étaient pas tellement dépaysés contrairement à moi qui venais de passer un week-end à Washington sous 20°c… TOUT VA BIEN ! 

Le midi je tenais à les emmener dans un endroit un peu atypique. Ce que j’adore faire par dessus tout lorsque je découvre une ville, c’est débusquer des petits endroits cachés. Je les ai donc amenés manger au Burger Joint qui est ni plus ni moins un tout petit « bouiboui » dissimulé dans un grand Palace. Il est clair que tu ne te rends pas au Burger Joint pour la qualité de la nourriture mais plus pour l’atmosphère. C’est un endroit dans son jus. On dirait que ce « restaurant » est là depuis des décennies sans que rien n’ait jamais bougé perdu au milieu d’un somptueux hôtel en plein cœur de Manhattan. 

Ensuite nous avons marché vers le Sud en direction du pont de Brooklyn tout en faisant un stop rapide dans la Grand Central Station, magnifique gare ferroviaire mondialement connue où tous les drames/ réconciliations romantiques hollywoodiens se sont joués. 

Nous nous sommes ensuite rendus au Barclays Center pour assister à la rencontre des NETS de Brooklyn contre les BUCKS de Milwaukee. C’était incroyable de voir un match de NBA et tout le show à l’américaine qui l’accompagne (même si je me suis très légèrement assoupie, je vous ai précisé qu’on avait marché plus de 20 bornes ?)

Ensuite il fallait quand même arroser célébrer nos retrouvailles. Mais avant de terminer notre soirée en boîte nous sommes allés nous restaurer au Chelsea Market. Si vous avez l’occasion de vous y arrêter un jour je recommande vraiment cet endroit. Nous y sommes arrivés un peu tard ce qui fait que beaucoup de stand étaient fermés mais sinon c’est vraiment un endroit magnifique et il y en à pour tous les goûts. D’ailleurs nous avons vécu un moment assez particulier en découvrant un nouveau concept. Tout comme il y a eu la sombre période tecktonic, il y a désormais des jeunes qui se retrouvent pour… danser en silence. Le concept est que chacun se ramène avec son casque audio et tout le monde danse avec sa propre musique dans les oreilles. Après tout… why not !  

Le lendemain sonnait déjà la fin du week-end et l’heure du départ. Nous avons partagé un dernier repas au Stardust (le restaurant/comédie musicale dont j’avais parlé dans mon premier billet). Parce que finalement, chanter tout en dégustant un burger avec de bons copains n’est-ce pas précisément ça la définition du bonheur ? 

En somme, un autre week-end absolument génial dans la ville qui ne dort jamais. Je mesure chaque jour davantage la chance que j’ai de vivre toutes ces expériences et surtout d’avoir des amis aussi géniaux prêts à se farcir 16h de voiture en deux jours pour venir me voir. Merci encore les copains, vous êtes incroyables et je vous dis à très vite ici ou ailleurs pour de nouvelles aventures !

Alizée 

I HAVE A DREAM

Sur ma liste des choses à faire avant de mourir, ou dans une moindre mesure avant de quitter les États-Unis, je voulais absolument visiter Washington DC. Au delà du fait que ce soit la Capitale américaine, j’avais envie de connaître son atmosphère. Celle que l’on a pu découvrir depuis notre plus tendre enfance à travers nos écrans de télévision (grosse pensée à ma Juju et sa passion insatiable pour NCIS : enquêtes spéciales…)   

C’est donc dans cette perspective que mon acolyte new-yorkaise et moi-même avons programmé notre petite virée. En moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire nous avons réservé notre trajet en bus (30 € A/R – il existe évidemment des trajets moins chers quand on  ne s’y prend pas 5 jours avant…) et une auberge de jeunesse. Le départ était prévu le vendredi soir. C’est donc après avoir remis notre ribambelle de monstres armés de couche culotte et autres objets de destruction massive à leurs parents que nous avons rejoint la station de bus près du Madison Square Garden à Manhattan. 

Apparemment nous n’étions pas nombreux à avoir eu la même idée. Nous étions seulement cinq sur le lieu de rendez-vous ce qui nous a permis, mon mètre quatre-vingt et moi-même, de nous affaler sur les sièges tandis que nous nous engouffrions dans la nuit américaine, avalant les kilomètres en direction du sud… 

…4h 30 de route plus tard, nous y sommes ! Depuis la vitre, nous voyons défiler au loin les monuments de la capitale. Ils sont illuminés dans la pénombre de la nuit.  Je ne saurais dire si c’est l’effet de la fatigue mêlée à l’excitation mais ce moment est chargé de beaucoup d’émotion. Nous marchons en direction de l’auberge de jeunesse. Il n’y a personne dans les rues. La ville est calme, bien loin de l’agitation nocturne de Manhattan. 

Il est 1h du mat’, nous arrivons comme des fleurs à l’auberge merveilleusement bien située à quelques minutes de La Maison Blanche. Notre hôte nous conduit à notre chambre (enfin notre dortoir) et à la surprise générale il entreprend de nous montrer nos lits en allumant la lumière. C’est dans ces conditions un tantinet brutales que nous rencontrons nos 10 colocataires bousculés dans leur paisible sommeil. Compte tenu de la violence du réveil, je leur pardonne volontiers leur manque d’enthousiasme… Après ce fou rire difficilement contenu, nous tentons de disparaître au fin fond de notre lit afin de faire oublier à tout le monde, si ce n’est notre existence, à tout le moins notre entrée fracassante. 

La première nuit a été courte et rythmée par les ronflements de mon voisin de lit. Ah les joies incommensurables des dortoirs en auberge de jeunesse… !  Très vite, l’excitation de partir à la découverte de la ville a suffit pour balayer d’un revers de manche les quelques heures de sommeil manquantes. Avant d’aller arpenter les différents quartiers, l’auberge de jeunesse offrait un petit-déjeuner. Au menu : des pancakes aux pépites de chocolat disposés en masse au centre d’une grande table accueillant le va-et-vient des voyageurs du monde. Ce week-end j’ai donc partagé mon pti-dej avec des américains, canadiens, polonais, allemands, mexicains, argentins, belges, néo-zélandais et j’en passeÇa parlait dans toutes les langues, c’était génial ! Un seul terrible constat : la France, championne du monde de l’accent abominable en anglais. Je suis sincèrement désolée, j’ai été une très mauvaise ambassadrice sur ce coup mais j’ai réellement donné le meilleur de moi-même… Trêve de plaisanterie, pour en avoir discuté avec mes camarades polyglottes c’est de notoriété publique que les français sont en général très mauvais en langues étrangères… Il serait peut-être temps que l’éducation nationale réagisse, « les calculs sont pas bons » ! 

Armées de notre plus grand enthousiasme nous voilà parties à la conquête de la capitale.

Quartier Dupont Circle
Vue sur le Lincoln Memorial
La Maison Blanche

Le soir après avoir marché une vingtaine de kilomètres nous sommes allées nous écrouler dans le canapé de l’auberge où s’est improvisée une partie de Mario Kart version internationale. La soirée a passé comme ça, entre rires, chambrages, échanges et bières.  Le copropriétaire de l’auberge AZ a passé la soirée avec nous. Il devait être à peine plus âgée que moi mais son parcours était tellement inspirant. Parti de rien avec son meilleure ami ils ont décidé de créer une auberge de jeunesse à Los Angeles. Après une fermeture précipitée et plusieurs périodes difficiles ils en sont aujourd’hui à trois auberges sur Washington DC  et sont en train d’en créer une nouvelle à LA. Ça me fait penser à la célèbre citation de Jacques Brel « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns (…) ». En bref, si jamais vous passez par Washington DC un jour, je vous recommande à 2000% son auberge : Duo Housing DC

Le lendemain on prend les mêmes et on recommence.  Il a fait un temps incroyable (presque inquiétant en fait pour un mois de janvier mais bon…)

Jardin Botanique
Le Capitole
Quartier de Georgetown
National Mall

Vous l’aurez compris, j’ai adoré Washington. Je ne m’attendais pas du tout à y trouver cette atmosphère apaisante. Il n’y avait pas grand monde de telle sorte que c’était vraiment agréable de se promener même dans les lieux dits « touristiques » tels que La Maison Blanche, le Capitol, le Memorial… Et puis c’était quelque chose de marcher dans cette ville remplie de symboles et d’Histoire. De me rendre dans des lieux aussi emblématiques tels que le National Mall où des milliers de personnes se sont  un jour déplacées pour écouter Martin Luther King conter son rêve et son message d’espoir à la portée internationale. Ce même lieu où Forest Gump et Jenny ont traversé la reflecting pool avec vigueur le jour de leurs retrouvailles.  J’ai pu également fouler le sol de la Cour Suprême des Etats-Unis, et pour la juriste passionnée que je suis c’était incroyable. 

Je ressors de ce week-end avec autant d’étoiles dans les yeux que le drapeau américain peut en compter. Ce qui est sûr c’est que 2020 ne pouvait pas mieux commencer !  

Le Washington Monument

Je vous embrasse,

Alizée

Au revoir 2019 !

Garée devant le restaurant, elle nous attendait. Une superbe limousine blanche avait été déférée pour nous afin de nous transférer du somptueux lieu de Brunch aux autres festivités qui allaient s’offrir à nous. Voilà comment ont commencé mes vacances de Noël… 

Pour te replacer le contexte, avec Ashanti (tu te souviens mon amie au pair) nous avons été invitées par le promoteur à le suivre dans une journée complète. 

Nous étions attendues à 14h dans l’Upper East Side pour partager un Brunch avec plusieurs autres convives.  Dans notre esprit nous nous rendions simplement à un de ces repas à la mode on ne peut plus classique et nous étions déjà très enchantées par cette seule perspective. Quelle ne fut pas notre surprise, une fois arrivées sur les lieux. Si les œufs brouillés, les pancakes et le Mimosa (champagne avec du jus d’orange) étaient bel et bien présents l’ambiance générale avait plutôt des aires d’un vendredi soir de pleine saison à Ibiza voyez-vous… En pénétrant dans les lieux, nous avons découvert, derrière un immense rideau noir, la salle de restaurant. Les lumières étaient tamisées, le Dj aux commandes jouait une PlayList contenant les derniers titres du moment. Dans l’euphorie générale tout le monde s’est mis à danser sur les tables. Définitivement le Brunch le plus mouvementé de ma vie ! 

Quelques heures plus tard, Ahmed (le promoteur) nous a annoncé que l’on partait pour poursuivre les festivités sur un rooftop au centre de Manhattan, le PHD. C’est à ce moment-là donc que nous avons découvert cette limousine postée devant le restaurant. Dans un premier temps nous n’étions pas au courant qu’elle était là pour nous. En la voyant je me suis donc illustrée avec l’humour incommensurable qui me caractérise tant : « Regarde Ashanti, mon chauffeur est venu me chercher ». Je vous laisse donc imaginer ma tête lorsqu’Ahmed a confirmé mon propos et nous a invitées à nous installer dans le carrosse. 

A l’intérieur, les sièges en cuir étaient mis en valeur par de nombreux néons de toutes les couleurs et les baffles intégrées diffusaient très largement de la musique. C’est dans ces conditions qu’une quinzaine d’autres chanceux et moi-même avons traversé Manhattan dans notre boîte de nuit montée sur roues. 

Le rooftop de nuit était incroyable. J’étais tellement reconnaissante de pouvoir vivre ça. Un moment dans la soirée, lorsque je me suis écartée pour admirer la vue je me suis dit que j’avais quand même beaucoup de chance de me retrouver dans un endroit pareil. Dans le même temps, je n’ai malgré tout pas pu m’empêcher de plaindre les New-Yorkais. Sur le moment je me suis dit que j’avais eu la chance de grandir à la montagne au plus près de la nature et de la liberté finalement. Mais les personnes qui sont nées à New-York ont évolué dans cette cage dorée où l’opulence et la politique de la consommation de masse impose ses diktats. J’ai alors compris que la vraie chance c’est d’avoir grandi dans mon petit havre de paix de 150 habitants car même s’il a souvent eu des aires de prison lorsque j’étais plus jeune, il me permettait aujourd’hui de profiter à fond de cette expérience aussi inédite qu’éphémère. 

La soirée s’est poursuivie et achevée avec le transfert dans deux autres boites de nuit. Je pense que l’on peut affirmer que c’est un brunch qui a  largement dérapé… 

Le dimanche je suis allée dans un quartier de Brooklyn renommé pour ses maisons décorées aux couleurs de Noël. Désolée papa mais là je dois avouer que tu vas devoir redoubler d’efforts l’année prochaine. En réalité c’est une véritable institution dans ce quartier à tel point que les habitants payent désormais des décorateurs professionnels pour s’assurer d’avoir un rendu à la hauteur. C’est tout simplement MAGIQUE ! 

Le lendemain c’était déjà la veille de Noël. Ce lundi 23 décembre 2019 marquait à jamais la fin d’une merveilleuse histoire. J’ai appris ce matin là que ma petite mémé adorée nous avait quittés dans la nuit. C’était un déchirement d’être loin des miens dans cette épreuve, d’être loin d’elle pour cet ultime au revoir. A travers ses nombreux récits elle m’a transmis sa passion pour le voyage, pour la découverte, elle qui avait parcouru le globe. Elle est désormais partie dans ce voyage éternel et je souhaite lui dédier ce billet. Parce qu’aucun jour qui passe ne l’effacera de la mémoire du temps. 

La semaine a passé et le weekend d’après j’ai décidé de partir de New-York pour me changer les idées. Avec Ashanti nous avons pris la route pour Philadelphie, la première capitale des Etats-Unis d’Amérique. C’est à environ 2h de voiture de Manhattan mais l’ambiance y est totalement différente. L’architecture est magnifique et certains quartiers donnent l’impression de sortir tout droit des vieux films américains. 

Nous avons commencé par visiter le pénitencier d’Eastern State. Il a été construit à la fin du 18e siècle pour révolutionner le monde carcéral. A l’époque les prisons américaines n’étaient que des bâtiments où étaient entassés hommes, femmes et enfants sans aucune distinction quant à leur genre ou à la nature de leur crime. Ils étaient livrés à eux-mêmes et les gardiens n’intervenaient que si la situation dégénérait trop. Sacré concept… Cette nouvelle prison avait pour objectif de mettre en œuvre l’expérience de l’isolement pour les prisonniers. Des cellules individuelles ont été construites et spécialement étudiées pour que le criminel ne puisse interagir avec personne, pas même avec le gardien qui distribuait les repas. L’idée à l’époque était que le crime résultait d’un mauvais environnement. Cette expérience cherchait alors à démontrer qu’en isolant les prisonniers, ces derniers finiraient par regretter leurs méfaits et qu’ils feraient acte de pénitence. L’expérience a quelque peu échoué puisque les Etats-Unis ont aujourd’hui la plus grande population carcérale du monde… J’espère que ce petit point histoire t’a plu. Pour l’anecdote on a pu visiter la cellule d’Al Capone, un des plus célèbres gangsters américains du 20e siècle. Alors que tout le monde pourrissait dans une cellule pour le moins épurée et dépourvue de tout confort (une cellule quoi). Monsieur vivait sa meilleure vie en prison : 

A la fin de la visite nous nous sommes dirigées vers la vieille ville et avons déjeuné au Terminal market de Philadelphie.

C’est un marché couvert dans lequel il est possible de déguster une variété indécente de spécialités américaines et du monde entier. Ô JOIE ! Nous avons terminé cette merveilleuse journée par une ballade digestive dans les différents quartiers de Philly qui ont définitivement détrôné Manhattan dans mon cœur… 

C’est sur cette semaine que s’est achevée 2019. Quelle année ! Il y a un an je me lançais dans la période la plus studieuse de ma vie. Je ne savais pas encore que j’allais échouer et que cet échec déboucherait sur une expérience incroyable… Merci la vie ! Je pense qu’il n’est pas trop tard pour vous souhaiter une merveilleuse année remplie d’aventures, de joie, de rires, de partage, de rencontres et d’amour. Une année dans laquelle je vous souhaite de réussir dans tout ce que vous entreprendrez. Et s’il vous arrive d’échouer, de perdre espoir ou de connaître des désillusions, je vous souhaite de trouver le courage de rebondir. Parfois les imprévus de la vie, les petits coups du destin apportent du piment dans le quotidien. Je vous embrasse ! 

Alizée